Elles partent pour une activité mortuaire qu’elles savent faire. Entrées dans le tombeau, elles ne trouvent pas de corps inerte mais elles sont accueillies et retournées par une parole. Cette parole les envoie en avant, en promesse de relation avec Jésus, le Crucifié Ressuscité, aux carrefours du monde.
L’aujourd’hui de Dieu n’est pas au tombeau
Parfois on peut le croire définitivement mort et enterré, les yeux fixés sur les drames et les vicissitudes de l’histoire.
A quoi bon ? On ne sait plus bien.
D’ailleurs, on ne sait jamais au final, on peut croire seulement.
A la suite des femmes qui partent sans savoir qui leur roulera la pierre…
Vivre dans la foi que la pierre est déjà roulée…
Vivre l’espérance comme un appel des plus nécessaires, comme un murmure, un chant toujours prêt à renaître lorsque nous levons les yeux !
Les femmes ont eu à passer par le chamboulement, l’effroi, la perte de mots : Vérité de l’expérience humaine qui ne s’ouvre pas comme ça à un mystère qui la déborde.
Il faut laisser ses habits de mort pour renaître. La pierre, fort grande à rouler, est aussi intérieure. C’est la pierre des résistances à croire, faite de repères, d’habitudes et de prêt-à-penser qui ne se déplacent pas comme ça.
Seul le don de Dieu, le désir et la décision de croire, le compagnonnage dans une communauté de foi, bougent la pierre qui ferme l’horizon (en le ramassant sur le seul connu, l’explicable, le calculable).
Le dynamisme de la foi est un dynamisme d’ouverture et de mise en relation. Il mène à la découverte d’une relation vivante avec Christ Ressuscité, ouvrant elle-même au chemin d’une réciprocité d’amour. C’est à cette source relationnelle que naît l’audace, l’amour en acte, la fidélité inventive qui, de tout temps, sert des relations qui ouvrent l’avenir, libèrent des étroitesses et de toute fermeture définitive.
L’aujourd’hui de Dieu renaît inlassablement.
Qu’il nous retourne et nous envoie, vivants de sa Présence !
LM
