« Au milieu de nos vies ordinaires souvent empruntes de fragilité », se niche l’extraordinaire, une situation improbable où des enfants invitent des adultes à un goûter, leur offrent la joie de la rencontre et leur reconnaissance …
Dans la réciprocité de la relation, ce sont eux qui ont eu l’audace d’ouvrir des chemins de vie !
« Il n’y a pas d’autre alternative : ou nous allons chercher les plus pauvres, ou le monde échoue. Car sans les plus déshérités, le monde est muet. »
Joseph Wresinski
C’est l’histoire que j’ai vécue dans la semaine, dans le cadre des ateliers de peinture auxquels je participe en tant que bénévole, ateliers destinés aux enfants, à leurs parents, dans des quartiers populaires.
Nous sommes intervenus cette semaine dans un nouveau quartier, introduits par la gardienne de l’immeuble qui connaît bien les enfants. Elle est allée les chercher, son désir de leur proposer une activité était un vrai bonheur. Nous avons senti chez cette dame un vrai désir de prendre soin de son quartier et de ses habitants.
Les ateliers se sont bien passés, avec une belle énergie créatrice ; à la fin de la semaine, un peu aidés par la gardienne, les enfants de 8 à 12 ans en moyenne, nous ont offerts un goûter, fais des dessins pour nous remercier de nos présences.
J’ai envie de transformer un peu la phrase du Père Joseph pour dire : si nous allons chercher les plus pauvres, le monde est une vraie réussite, ce sont aussi les plus déshérités qui rendent le monde vivant, parlant.
A travers les personnes que je côtoie dans ces quartiers, je ressens l’humanité comme une grande symphonie. Chaque instrument jouant sa partition respective, permet à l’ensemble d’être beau et mélodieux.
Les enfants ont embelli ma vie et celle des habitants du quartier , se réjouissant de leur joie de vivre et bonheur de peindre. Oui, vraiment, si nous allons les chercher, le monde est transformé, une nouvelle mélodie peut alors se faire entendre.
Je ne sais pas ce que seront ces enfants plus tard, ni ne connaît cet adolescent à qui la gardienne a demandé de nous prendre en photo devant les dessins qu’ils nous avaient fait .
Ce que je crois, c’est que le merci que je lui ai adressé et sa réponse : « De rien, m’dame » peut contribuer à un changement de nos êtres, infime peut-être, mais pour lui, cela peut l’amener à être content d’être reconnu pour sa gentillesse du moment ; et pour moi, la joie de penser que les adolescents ne sont pas tous aussi désespérés que l’on veut bien nous faire croire.
La part secrète de lumière de chaque être. C’est cela qui me fait vivre.
Laurence
