Une spiritualité en partage

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Trois ans après la fondation, ce texte cherche à préciser l’« architecture » de la spiritualité de La Pierre Roulée. Il vient en complément des autres textes de référence : la charte, les statuts, la prière, le texte « Evocation de la Pierre Roulée ». Ce n’est pas un «aboutissement» ; c’est une précision de la source qui nous fait vivre et qui est sans cesse à creuser et à mettre à jour.
  1. Découvrir la spiritualité de la Pierre Roulée

La pierre roulée ouvre sur un tombeau vide. Qui était dans le tombeau et n’y est plus ?

• Une spiritualité qui se fonde sur Jésus le Ressuscité

L’associé de la Pierre Roulée se nourrit de la contemplation de Jésus le Christ, l’homme de Nazareth, mort sur le Golgotha et ressuscité au matin de Pâques : Il n’est plus au tombeau, Il est ressuscité, Il nous précède et attend chacun aujourd’hui sur les routes du monde.
L’associé met l’accent sur la personne de Jésus le Christ, Chemin vers le Père, Chemin vers les frères et sœurs en humanité. Par Lui, toutes les choses de la terre peuvent être vécues dans l’horizon de la Résurrection.
Le temps des hommes est déjà baigné d’éternité.

Christ Ressuscité nous appelle à sortir de nos tombeaux et à nous tenir en dynamique de vie.

• Une spiritualité pour déployer le sacrement du baptême

Quel que soit son état de vie : laïc, diacre ou prêtre, marié ou célibataire, l’associé souhaite vivre de l’actualisation sans cesse renouvelée du sacrement de son baptême.
Il n’est plus l’heure de rester au tombeau. Le Dieu de la Vie a roulé la pierre. Il appelle chacun à sortir des ténèbres et à vivre en avant, en ouverture, à la suite du Christ Ressuscité.
Les associés se confortent les uns les autres pour vivre du souffle de la Résurrection, pour entrer en nouveauté de vie, se libérer des peurs qui emprisonnent, accueillir la paix et insuffler un esprit d’audace.

Le Ressuscité vit de relation trinitaire et se laisse reconnaître au cœur des relations humaines. Rien, ni personne, ne le contient, ni ne le possède.

• Une spiritualité à vivre au cœur de la relation

L’évènement de la mort et de la résurrection du Christ révèle que Dieu est Vie, qu’il est Amour et qu’il est Relation.
Nos vies relationnelles, nos manières d’être en relation à l’échelle interpersonnelle ou collective, concentrent des enjeux vitaux pour les personnes que nous sommes.
Elles sont encombrées par l’existence de pierres qui séparent, bouchent le passage et réduisent la vie humaine.
L’associé décide de porter une attention particulière à sa manière d’être en relation.
Avec les autres associés, il approfondit le sens humain et spirituel des mots qui disent la relation pour en déployer la portée évangélique et l’incarner dans sa vie.

« Allez ! Il vous précède en Galilée. C’est là que vous le verrez. »

• Une spiritualité pour approfondir les axes de l’ouverture et de la réciprocité

L’associé vise l’ouverture à la vie de ce monde pour contribuer à sa réussite. Il guette les signes de résurrection à l’œuvre dans le monde et dans la vie des personnes.
Il vit de réciprocité. Il s’attache à vivre de ce double mouvement intimement relié : se donner et se recevoir.
Sans qu’elles le sachent et sans qu’elles s’en doutent, l’associé reçoit des personnes rencontrées, des messages accueillis comme des « cadeaux de Dieu ». A partir de la relecture, il les relie entre eux et les relit comme une Parole de Dieu adressée à lui-même et à plus large. Il partage ses découvertes avec les autres associés.

Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

• Une spiritualité ancrée dans l’ordinaire du chemin

L’associé vit avec des gens ordinaires, au milieu des vies ordinaires souvent empruntes de fragilité.
Il est attentif au tissu relationnel qui porte, supporte, motive son existence.
Il travaille à la cohérence entre ce qu’il dit, ce qu’il croit et ce qu’il fait.

       2. Vivre de la spiritualité de la Pierre Roulée

Habité de l’Esprit du Ressuscité, l’associé cherche à être ferment. Il prend appui sur Christ ferment de Vie et s’en nourrit. Il s’exerce plus particulièrement à :

• « être ferment d’ouverture »
  • Choisir d’ouvrir ou de réouvrir toute situation fermée, bloquée pour ce qui dépend de soi ;
  • Travailler la confiance qui ouvre des chemins de vie et d’audace ;
  • Libérer de l’enfermement, rendre possible, tenir une espérance, aller de l’avant.
• « être ferment de relation »
  • Mettre en relation des personnes chaque fois que c’est possible ;
  • Soigner tout ce qui aide à la mise en relation ;
  • Travailler à former un tissu de relations porteuses de vie et d’avenir.
• « être ferment de gratuité »
  • Se tenir dans une recherche de disponibilité,
  • Etre en simplicité de relation et se réjouir d’être ensemble,
  • Se libérer de l’esprit de calcul.
• « être ferment de réciprocité »
  • Valoriser les personnes et ce dont elles sont porteuses qui est bon à recevoir et à connaître ;
  • Se laisser connaître et approcher avec ses pleins et ses creux ;
  • Etre à parité et en égalité d’être.

Ce sont autant d’attitudes à déployer, à intérioriser, à vivre dans l’Esprit du Ressuscité, par tout associé.

       3. Creuser une spiritualité commune

Une spiritualité partagée est avant tout une communauté de visée : vivre d’un esprit commun et se disposer avant toute chose, avant toute action à mener et au-delà d’elle, à approfondir en soi-même, et entre les personnes associées, une intimité avec Jésus le Christ et son Evangile.

Pour eux-mêmes et pour le bien de l’Eglise, les associés entendent un appel. Ils cherchent à vivre d’un Souffle dont nul ne sait « d’où il vient, ni où il va ». Par nature, il dépasse les structures qui, dans leur logique interne, cherchent à fixer les choses et à les encadrer. Par leur vie, ils visent à la diffusion d’un esprit, avant tout souci de structuration. Les associés ont une source commune, non une manière de faire commune

Avant de pouvoir, peut-être, un jour, parler du Christ à leurs contemporains, les associés croient qu’ils ont à être témoins du Christ, là où ils se trouvent. Leur personne devient témoin d’un Autre. Ceci n’est jamais achevé.

Au sein des valeurs humaines ils contribuent à épanouir la vie humaine, à l’ouvrir de l’intérieur vers plus grand qu’elle-même, à lui donner toute son amplitude. Le faisant, ils vivent spirituellement du Christ.