Une rencontre au marché. On échange des nouvelles. Sur les enfants. Sur le mari : « Il m’a quittée » et, tout de go, « L’amour est une illusion. J’y ai cru, j’ai voulu y croire, je n’y crois plus ».
Sans transition, elle ajoute : « En fait, j’ai très envie d’y croire à nouveau car j’ai rencontré quelqu’un ».
Lorsque son mari l’a quittée, elle a perdu confiance en elle, pensant qu’elle n’était pas « aimable » et ne serait plus capable d’aimer un homme. Mais, parce qu’elle a lu dans le regard de « quelqu’un » qu’elle était « aimable », elle a voulu y croire.
Croire que l’amour est possible, malgré tout, donne de l’énergie et de la force pour y croire à nouveau et à nouveau aimer.
Une amie m’a prêté un livre de Laurent Gounelle : L’homme qui voulait être heureux. Ce que l’on croit peut devenir réalité (Pocket, 2010, 192 p.). En le feuilletant, je lis : « Quand on est convaincu d’une chose, elle devient la réalité, notre réalité » – en positif ou en négatif.
Croire que l’on est aimable nous rend aimable.
Croire que l’autre est aimable nous le fait aimer.
Je ne sais pas si cela s’appelle de la persuasion ou de la confiance, mais je crois que, sans confiance en soi et en l’autre, l’amour n’est pas possible.
Ce qui me console parfois, c’est de penser que Dieu croit que nous sommes aimables. Il ne se laisse pas rebuter par nos imperfections comme, nous-mêmes, nous nous laissons rebuter par celles des autres et par les nôtres.
Alors, nous suffit-il de croire Dieu pour devenir aimables et aimants ? Je veux le croire.
Mais que d’obstacles, de pierres à rouler, parfois de petits grains de sable…
Je crois qu’il n’est pas trop de dire chaque jour : « Tiens-nous dans la confiance ! Que ton Esprit soutienne en chacun l’initiative de l’amour qui ne se lasse pas, ne se décourage pas ».
Marie
