Du tombeau vide à Noël

Du tombeau vide à Noël

Je me suis posée cette question :

« Comment intériorise-tu le mystère de Noël ? »

Le prêtre qui prêchait dans la paroisse où je me trouvais a cité Marion Muller-Collard :

« Noël, c’est l’affirmation que Dieu désire venir se blottir dans nos bras … ».

Et il a poursuivi sur l’axe : accueillir que Dieu nous fait confiance, malgré tout. Malgré toutes les raisons qui s’y opposent, qui font que cette confiance peut être vue comme une folie, voire même, diront les plus sceptiques, une grossière erreur de jugement !

De fil en aiguille, j’en suis venue à garder : Noël, c’est Dieu qui se donne et qui se confie à l’homme. Se donner et se confier, c’est une autre façon d’entendre une réciprocité d’amour qui nous parle de Vie et nous l’apporte.

Dans notre vie d’hommes et de femmes, « se confier » ne dit pas tout à fait la même chose que « se donner ». Nous percevons bien que l’un ne va pas sans l’autre dans la vérité de l’amour. Ces deux verbes s’équilibrent, s’appellent l’un l’autre. Mais il peut arriver que l’un perde l’autre : lorsque, par exemple, nous pensons pouvoir durablement donner de nous-mêmes sans avoir nul besoin de nous confier, de nous accueillir tel que nous sommes sous le regard bienveillant d’un autre. L’inverse est également possible lorsque « se confier » tourne en boucle sur la recherche éperdue de nous-même qui ne se (re)trouverait qu’à se donner mais qui, présentement, est accaparé par un souci autocentré, autoréférencé.

Dans les deux cas, la confiance manque !

C’est elle qui permet d’accueillir la part non sublime et parfois bien sombre de nous-mêmes ; plus banalement, la part de lassitude et de fatigue qui en alourdissant le corps, appesantit le cœur et l’esprit, et inversement.

La confiance permet de nous recevoir, à nouveau, de la parole échangée et écoutée, de nous recevoir plus humble parce que nous aurons pu déposer notre souveraineté et plus vigoureux parce que nous aurons pu partager les joies et les peines.

En nos cœurs, si la confiance s’apparente au refus de condamner sans appel tous nos manques, si elle est un « non » dressé aux sirènes du désespoir, elle aussi un « oui » discrètement et définitivement ouvert, un chemin de lumière qui donne de croire, malgré tout, en nos capacités d’amour, de création, de libération d’énergies nouvelles. En somme, la confiance apprend à aimer ‘en vrai’ dans le concret de notre condition d’hommes et femmes, limitée et ambiguë.

Avec cet enfant nommé Jésus, accueillir Dieu qui se donne et se confie,
C’est pour moi recevoir, à nouveau,
Dieu qui est RELATION
Désireux de réciprocité
Par la voie de la confiance
Librement offerte,
Jamais reprise,
Qui DONNE confiance.

C’est m’appuyer sur ce mystère de vie et d’amour
Pour apprendre à me confier, et à me donner.

L’Aujourd’hui de Dieu se laisse reconnaître dans la confiance qui donne la confiance. Tel l’amour que nul ne « possède » mais qui s’échange entre les personnes et les agrandit chacune !

Laure

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