Entrer dans la dynamique de la foi

Entrer dans la dynamique de la foi

A partir de Jean 20, 1-9

Entrer dans la dynamique de la foi… c’est par cette porte que je suis entrée dans l’évangile du matin de Pâques

Marie-Madeleine à ce moment-là n’entre pas. Elle a son interprétation toute faite. Elle court trouver Simon-Pierre et l’autre disciple pour leur faire part de l’enlèvement du défunt.

Le disciple qui arrive le premier reste sur le seuil.
En se penchant, il aperçoit des signes.

Simon-Pierre arrive et il entre dans le tombeau.
Il en voit un peu plus : il aperçoit non seulement les linges, mais découvre aussi le suaire roulée à part à sa place.

« C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau.
Il vit et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Ecriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts »

Nous savons depuis qu’il a fallu du temps aux premiers disciples pour proclamer Jésus, Christ et Seigneur. Cela ne s’est pas fait sur un claquement de doigt. Mais nous savons aussi la force de retournement qu’a suscité cette foi dans leur vie.

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Entrer dans la dynamique de la foi… tel un mouvement continué, un souffle qui ne cesse ouvrir l’avenir !

Entrer dans la dynamique de la foi… non pas en étant loin de la réalité de la mort, loin des réalités du mal. Mais plutôt en pouvant nous en approcher, en supporter le contact. Il y a les signes de la mort qui nous laissent incrédules et d’autres qui nous donnent d’espérer la vie plus forte que la mort.

La pierre est roulée, une question s’est faufilée :

« Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? Un fils d’homme que tu en prennes soucis ? »

La question est tenace, elle remplit l’espace vide. Parfois, elle nous laisse sur le seuil. A l’heure favorable, elle nous fait entrer dans l’émerveillement d’être aimés et la joie libérée de toute question de mérite.

Entrer dans la dynamique de la foi … en prenant appui les uns sur les autres. Les rythmes et les chemins sont différents pour aller vers Jésus le Ressuscité, mais c’est ensemble que l’on avance. Parce que toute expérience de foi en Christ est aussi une expérience de confiance avec et envers d’autres.

Entrer dans la dynamique de la foi et parfois

Ne rien voir
Aucun signe
Etre tenté de revenir sur le seuil
Craindre de se fatiguer « en pure perte »
Craindre encore de défaillir en route
Entendre que le disciple n’est pas au-dessus du maître
Et que l’Esprit nous est donné comme un Défenseur

C’est qu’entrer est un verbe d’approche qui dit déjà une implication.
Il a fallu franchir le seuil de la peur, de l’hésitation, du vertige, et faire le pas d’entrer avec son désir et ses ambivalences.
Entrer dans un espace définitivement ouvert qui nous ouvre à plus grand que nous.
Entrer et se laisser faire, se laisser façonner par la Parole de vie.

Entrer dans la dynamique de la foi pour aller et venir entre le temps de l’agenda, celui des « affaires du monde » et l’Eternité de la Présence. Aller et venir entre les dialogues des jours et la parole de l’Ecriture ; entre la libre détermination pour les menues ou plus grandes décisions et l’écoute de Celui qui se tient au milieu de nous, Altérité aimante qui nous donne de vivre de sa Vie et nous fait créateurs avec lui.

En cette Pâques 2019, par où ai-je encore à « entrer » ?

Où est-ce que le Seigneur m’attend pour renaître et poursuivre ma vie dans le dynamisme de la sienne ?

Cette question chaque fois singulière est aussi question essentielle pour l’Eglise de notre temps !

Laure
21 avril 2019

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