Auteur : La Pierre Roulée

«  Il y a un chemin pour chaque possible »

« Il y a un chemin pour chaque possible »

J’avais initialement prévu pour aujourd’hui le chemin du Lignon au Refuge de Moëde Anterne : du dénivelé, un lac alpin, un passage de col… Un chemin pour grands jours de forme et de beau temps.

Mais un mal de dos comme il y a longtemps que je n’avais pas eu m’a fait annuler.

J’ai passé la matinée assise, en limitant les déplacements et, cet après-midi, je suis sortie tenter la marche à plat avec les bâtons. L’exercice s’est avéré concluant,

« Il y a un chemin pour chaque possible » : cette phrase s’est invitée en compagne de route.

Ce jour, ça a été le plat chemin, le long du Giffre. J’ai marché le cœur en joie, en accueillant le possible de ce chemin.

Et puis, cette phrase m’a fait cheminer vers une écoute plus intérieure.

« Il y a un Chemin pour chaque possible »

CROIRE qu’il y a un Chemin pour chaque possible, c’est mon espérance. La foi en Christ m’y conduit. Et tant qu’il y a de la vie, il y a du possible.

Jésus-Christ s’est fait CHEMIN, d’abord pour les tout-petits, pour les pauvres et les humiliés, pour les pécheurs que nous sommes tous.

CHERCHER le Chemin à partir de mon possible, c’est déjà une façon de me tenir « en marche ».

Je réaccueille cette parole d’Espérance quand la perception de mon possible me tient « à l’arrêt ».

L’enjeu : retrouver le Chemin de Vie, le Chemin du don de soi, à partir de mes possibles. Et confier à la grâce de Dieu, selon son bon vouloir, le soin de les élargir ou de les élaguer, chemin faisant.

Quel sera le possible de demain ? Je ne saurais le dire ! Il y a aura à inventer le jour de demain avec le possible qui sera donné.

C’est une bonne et suffisante perspective !

Laure

Se retirer

Se retirer

« Mais toi , quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. »

Pour la célébration de l’entrée en Carême, le prêtre de la  paroisse a bien insisté sur ce double emploi du même mot : se retirer. Puis dans son homélie : « Père, pourquoi est-ce si difficile à autant d’entre nous, tes enfants, d’aller là… dans notre pièce la plus retirée, pour prier. Les Évangiles nous le disent à travers des images : aujourd’hui ‘’ta pièce la plus retirée’’, celle qui est en moi, en chacun ; avec la Samaritaine, c’est ‘’le puits’’ qu’il faut creuser, celui qui est en elle et où l’eau vive pourra jaillir ; mais c’est encore ‘’le désert’’, ce lieu à l’écart, aride, hors des distractions et agitations ! Pas la synagogue et la prière collective, pas non plus l’intercession en enchaînant les demandes pour ceci, cela et autre chose… non, ce lieu au plus profond de chacun de nous, et où, seuls, je peux rencontrer le Seul, l’Unique. »

Chaque carême, je choisis un point à développer, prière, jeûne, aumône. C’est parfois un peu tout en même temps,  j’ai l’impression que c’est toujours la même chose ou, tel point, je le développe pendant l’année, déjà…

Comment approfondir, descendre en profondeur, sans trop de distractions ou agitations ?

D’abord, j’ai senti un appel à approfondir ma prière. Le lieu où Dieu m’attend. Il me semble que prier peut nous permettre ensuite d’être inspirés pour savoir de quoi jeûner et comment partager, selon la pensée du même prêtre cité ci-dessus.

Puis , je me suis aperçue que souvent quand je prie, je ne suis pas vraiment là. Je prie vite, en étant déjà dans l’activité que je vais faire après et je ne me souviens même pas du texte.

Quelqu’un de mon entourage m’a soufflé l’idée lumineuse d’écrire tous les jours du carême les méditations/prières inspirées par le passage de l’évangile quotidien.

Je bénis cette personne, car depuis que je me pose en écrivant, je me rappelle au cours de la journée un passage, un mot et je le dis tout simplement quand il vient. Sans forcément me « prendre la tête » tout le temps en essayant de tout expliquer au Seigneur pour qu’il comprenne bien le cheminement de mes pensées !

Donc, prier avec le cœur et non avec la tête ! Cet état de fait ne m’était pas inconnu, mais je ne l’avais sans doute pas encore intégré. Ce fut pour moi  une révélation.

C’est sans doute cela, ma rencontre avec le Seul, l’Unique. Être en présence de la Présence, non pas par obligation, mais par Amour, se laisser toucher et incorporer la Parole, y revenir tout au long du jour et non pas la comprendre, mais la vivre !

Pourquoi est-ce si difficile d’aller dans ma pièce la plus retirée pour prier ?

Sans doute que le désert qui est en moi m’apparaît alors en pleine lumière et qu’il m’est douloureux de le constater. Mais les mots de l’Évangile me donnent parfois tellement de la joie, que je reviens toujours à ce puits sans fond creusé par ma soif. Si cette pièce retirée, c’est mon puits qu’il me faut creuser et dans lequel je peux puiser l’eau nécessaire pour vivre, je désire persévérer pour rencontrer l’Unique, seul à seul.

« Il lui dit : « Suis-moi ». Abandonnant tout, l’homme se leva ; et il le suivait. »

Luc 5, 27-32

« Seigneur, guide-moi dans ce qu’il faut que j’abandonne pour te suivre. Donne-moi de m’abandonner pour te rencontrer et rencontrer en vérité mes compagnons de route. »

Car le chemin de la prière mène aux chemins des hommes.

Laurence

Un lieu pour renaître

Un lieu pour renaître

Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt, l’Esprit le poussa au désert. Jésus resta quarante jours dans le désert, tenté par Satan.

Il vivait parmi les bêtes sauvages et les anges le servaient.

Marc 1 12-15

C’est au tour de Jésus de faire cette expérience de solitude et de manque, tout juste investi de l’Esprit par son baptême, seul face à l’Adversaire qui divise. Les anges et les bêtes sauvages furent les témoins de cet affrontement, combat spirituel, combat intérieur très long et très intense, cheminement spirituel avant de s’engager dans sa vie publique, mise à l’épreuve de sa foi et de sa vocation – il est attaqué au lieu du secret de sa filiation… si tu es le Fils de Dieu…

Nous voilà en marche pour 40 jours et 40 nuits, longue traversée vers Pâques. Nous mettons au jour nos points d’appui, filtrant les divertissements qui peuvent faire ignorer les questions de fond. Temps de gestation pour la mise au monde de la personne que nous sommes, temps de discernement au service de qui nous décidons de vivre. Chemin d’unification et ses combats. Temps de conversion sur le chemin de l’Evangile.

Le désert, un lieu pour renaître, en affrontant des questionnements humains fondamentaux sur le vital :

+ le besoin  de nourriture pour garder la vie, la peur de manquer – la convoitise – l’avidité pour rester maître sans médiation;

+ la tentation du pouvoir, de la domination – de l’emprise sur autrui, emprise dont nous découvrons le champ sans limites;

  + l’épreuve spirituelle – le désir de mettre la main sur l’amour de Dieu, le déni de la mort.

 Renoncement à des illusions, à des rêves, à des prétentions, à des images de soi, des autres, de Dieu.

Libération des pesanteurs, des menaces sur notre humanité, pour nous ouvrir à la grâce de Dieu. Il y a une source qui nous engendre.

Filiation, fraternités.

Le combat spirituel ouvre des chemins de vie. L’approfondissement de notre relation singulière au Dieu de l’Alliance ouvre la relation avec nos frères, là où nous sommes, dans le monde…

Geneviève

La fraternité du banc public

La fraternité du banc public

 Lors du confinement, j’ai eu l’habitude de faire le tour du quartier et de m’arrêter, quand il faisait beau, dans le jardin de la mairie du 8ème où un banc au soleil fait mon bonheur. Je m’assoie en général sur une partie du banc plutôt qu’au milieu, laissant libre une place pour une personne qui souhaiterait s’asseoir et profiter du soleil – une place disponible pour accueillir.

Une fois, deux femmes sont venues s’asseoir, prenant tant de place que la mienne s’est rétrécie au point que j’ai dû partir ; en plus, elles parlaient entre elles en m’ignorant complètement.

Mais parfois aussi, une personne seule, le plus souvent une vieille dame, vient, me demandant si elle peut s’asseoir et j’en suis ravie, surtout si elle me parle d’elle et de sa vie – j’aime écouter ces histoires de vie et, pour certaines, les garder en moi précieusement.

C’était un dimanche avant Noël, en tout début d’après-midi. Le jardin était encore silencieux. C’est souvent le moment des vieilles dames seules, avant que les enfants arrivent.

J’étais là, sans livre à la main ni même sur les genoux, abandonnée au soleil. Et il y a eu cette rencontre, toujours improbable, comme je les aime. Une vieille dame s’est assise près de moi et la conversation s’est engagée rapidement.

Pour elle, ce sera un Noël sans mari – il est mort il y a quelques années – et sans enfants et petits-enfants, mesure de précaution imposée par sa fille aînée. Alors, elle a envie de se souvenir de bons moments et c’est en pensant à son mari qu’ils reviennent – un mari qui aimait rire, danser, plaisanter – « Avec lui, c’était la joie ; même quand c’était difficile, il me faisait rire et j’aimais ça. » Il blaguait beaucoup et, quand elle riait, ça énervait sa fille aînée, « comme si elle ne savait pas rire ! »

Elle avait oublié les blagues, elle se souvenait seulement des rires partagés, de cet homme sans qui elle n’aurait pas été aussi heureuse.

Elle a conclu en me disant que ça lui avait fait du bien de raconter tout cela à quelqu’un qui l’écoutait, sur un banc, au soleil. Et cela m’a rendue très heureuse de la voir rire encore et s’émerveiller. J’ai été très émue quand elle a ajouté, avant de partir : « Il me manque encore, vous savez ! »

Je garde dans mon cœur cette rencontre comme un cadeau précieux et une invitation à cultiver en moi ces espaces de disponibilité gratuite permettant à la vie fraternelle de se déployer – pas seulement sur les bancs publics.

Lorsque je regarde Jésus dans l’évangile, je crois que c’est cette disponibilité intérieure qui lui permettait de voir les personnes, parfois au milieu d’une foule, et de créer la relation.

Marie

Dieu est du côté de l’Ouvert

Dieu est du côté de l’Ouvert

   « Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : ‘Tu es mon Fils bien-aimé ; en Toi je trouve ma joie’ » (Mc 1, 7-11).

« En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme » (Jn 1, 51).

En lisant ces textes m’est revenu en mémoire le titre d’un livre lu il y a très longtemps, Les cieux ouverts – chronique de la Mission ouvrière Saints Pierre et Paul de Jacques Loew avec l’évocation d’Etienne : « Je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu » (Ac 8, 55).

Avec Jésus est arrivé enfin ce que le prophète Isaïe demandait : « Ah ! Si tu déchirais les cieux et si tu descendais ! » (Is 63, 19).

Dieu est du côté de l’Ouvert… et le tombeau n’a pas gardé son Fils bien-aimé, la pierre a été roulée, la vie nous a été donnée.

Et le ciel s’ouvrira encore le jour de la Pentecôte lorsque l’Esprit-Saint descendra sur ceux qui étaient réunis avec les Apôtres (Ac 2, 1-4).

Dieu est bien du côté de l’Ouvert et sa joie en son Fils bien-aimé et, par Lui en chacun de nous, est comme une trouée dans nos vies, une lumière dans l’obscurité, une pierre qui se roule.

Et le ciel s’ouvre pour nous chaque fois que nous nous tenons de ce côté-là, de l’Ouvert,

  • Chaque fois que nous ne laissons pas la rumination, la rancœur, le ressentiment – jalousie, envie, colère – nous replier sur nous-mêmes ;
  • Chaque fois que nous gardons ouvert ou réouvrons le dialogue avec celles et ceux que nous rencontrons ;
  • Chaque fois que nous sommes dans la joie d’une rencontre, dans l’hospitalité offerte à celui/Celui qui vient ;
  • Chaque fois que nous sommes dans l’émerveillement, dans l’admiration, dans la générosité ;
  • Chaque fois que nous ouvrons des chemins de vie…

Que cette année 2021 soit pour chacun et pour nous tous sous le signe de l’ouverture !

Marie

Vraie Nuit et vraie Lumière

Vraie Nuit et vraie Lumière

« Vraie Lumière,
Celle qui jaillit de la Nuit ;
Et vraie Nuit,
Celle d’où jaillit la Lumière »

Je viens de découvrir ces vers de François Cheng.
Un encouragement à me tenir sur le chemin, « mais c’est de nuit ».
Nuit et Lumière sont liées dans nos vies.
« Vraie Nuit et vraie Lumière ».
Les mots du poète m’appellent.
Ils me révèlent mon désir et mon espérance de vivre de la vraie Lumière,
de me tenir en ce lieu où Nuit et Lumière sont liées chacune à la Vérité.
Appel renouvelé à chercher et creuser au plus profond de moi-même, là où je ne sais pas encore.
L’expérience de la Lumière – rare et fugitive –, quand il m’a été donné de la vivre, me permet de
croire en ce lien Lumière et Vérité.

Je me suis approchée de Noël, accompagnée de la lumière de ma crèche, de notes de piano de Bach,
de ceux et celles qui habitent mon cœur, et des premiers mots de la prière de la Pierre roulée,

« Dans nos obscurités,
Tu es notre Lumière ».

Espérance de la Lumière et confiance en son jaillissement, mais « c’est de nuit ».
Sur ce chemin, où domine parfois l’attente de la Lumière, les moments où nous nous rendons
témoins les uns les autres de ses jaillissements en nos vies me tiennent dans cette confiance.

Chantal

24 décembre 2020, vigile de Noël

Consolez, consolez mon peuple !

Consolez, consolez mon peuple !

« Consolez, consolez mon peuple – dit votre Dieu – parlez au cœur de Jérusalem… » (Isaïe 40, 1)

Pour le peuple d’Israël, c’est le temps de l’exil à Babylone, le temps de l’épreuve mais le second Isaïe (chapitres 40 à 55 ou Livre des consolations) annonce le salut prochain.

C’est quelques années après le temps de l’épreuve qu’Anne-Dauphine Julliand a écrit « Consolation » (Ed. Les Arènes, 2020). Anne-Dauphine Julliand, est la mère de deux petites filles mortes en très bas âge d’une maladie génétique rare dont elle parle dans ses deux premiers livres : « Deux petits pas sur le sable mouillé » (2011) et « Une journée particulière » (2013). Ces livres parlent de vies brisées et de vies réparées – réparation ne voulant pas dire retour à la situation antérieure –.

« La consolation ne restaure pas à l’identique ».

La période que nous vivons avec la pandémie de coronavirus fait vivre à chacun, selon des degrés et des modalités diverses, des épreuves trop lourdes pour être portées seul. Elles demandent d’être consolées pour continuer à vivre.

Consoler vient du latin consolari, de cum et solus, et se traduit par ‘rendre entier’, traduction reprise par Anne-Dauphine Julliand.

   « La consolation a pour unique vocation de rendre entier, de réparer le cœur brisé, de réconcilier l’âme déchirée, de remettre debout le corps rompu. Consoler c’est réparer les vivants dans leur intégralité et leur intégrité. Et les réparer avec leur souffrance. C’est les rendre entiers avec leur vide, leur peur et leur manque… La consolation est un art qui embellit les fêlures de nos vies. »

Dans ce livre, d’autres phrases ont eu un écho en moi :

   « La consolation est une histoire d’amour écrite à l’encre des larmes. C’est la rencontre de deux cœurs : un cœur qui souffre et un cœur qui s’ouvre. »

   « Le premier pas consiste à s’approcher, tout simplement. » La difficulté c’est de trouver la juste proximité : « ce n’est pas la distance qui sépare les corps mais celle qui rapproche les cœurs. L’espace où s’épanouit la compassion… qui éclot chaque fois qu’un cœur brisé rencontre un cœur ouvert. »

   « Il n’est jamais trop tard pour consoler. Il faut souvent percer plusieurs épaisseurs de douleurs accumulées pendant des années pour atteindre le cœur, mais il est toujours temps, tant que la vie demeure. La consolation demande de la patience, de la douceur. Et du temps. »

   « Consoler, c’est accompagner celui qui peine, pour supporter les rigueurs de l’hiver et lui permettre de croire à la beauté du printemps… C’est l’inviter à trouver la paix intérieure. »

Anne-Dauphine Julliand témoigne très concrètement et simplement de ce qu’elle a vécu, reçu, donné mais aussi de l’expérience d’autres personnes. Tous sont des compagnons de route pour aujourd’hui.

Marie

A bout de souffle

A bout de souffle

Je rencontre en ce moment,
des personnes qui sont à bout de souffle,
à l’hôpital, qu’ils soient patients où soignants.

Etre à bout de souffle
Parce qu’ils n’arrivent pas à souffler,
A se reposer, et peut être à espérer…

Ne pas retenir son souffle,
le laisser aller en nous et en l’autre
il est normalement léger
comme le vol d’oiseau !

Le souffle, comme la parole,
Est fait pour être partagé !
Les amoureux le savent bien,
Les désespérés ne le savent plus…

Laisser passer le souffle,
Il est ce don gratuit,
Le don de la vie
Que nous avons reçu !

Il est aussi le Souffle de Dieu
dans nos souffles humains,
Respiration de la foi
Dans nos relations ordinaires…

Pierrette Crapon

Aller de l’avant

Aller de l’avant

Un tombeau

Une famille, une communauté éducative, des collégiens pleurent aujourd’hui un professeur d’histoire-géographie assassiné au soir des vacances de la Toussaint…

Au funérarium, ils se pressent. Collègues de travail, voisins, amis, familles sont tous là. Encore un mort du COVID-19. La deuxième vague est bien réelle…

Mamie nous a quittés. A la veille de son anniversaire. Discrètement. Elle avait beau avoir l’âge, elle, la quasi-centenaire, son absence est cruelle. L’être aimé n’est plus là. Il faut s’y faire…

Le tombeau vide

Mystère.

« Le mort » a disparu.

La mort n’aurait-elle pas dit son dernier mot ?

Où est-il ? Pourquoi ? Que comprendre ?

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Là-bas

Si le XXIème siècle a apporté la multiplication des centenaires…

Si le XXIème siècle a fait de l’univers notre village où nous pouvons aller demeurer sur tous les continents et même dans l’espace…

Si le XXIème siècle nous permet de partager instantanément au monde entier nos sentiments et notre vie via les réseaux sociaux….

Il n’en demeure pas moins que, là-bas…

Il nous attend pour…

Aller de l’avant vers Lui qui est la Vie…

Aller de l’avant vers l’inattendu et l’impensable…

Aller de l’avant vers les autres, porteur d’une espérance…

Aller de l’avant dans le débat et la réflexion, sans sacraliser quoique ce soit si ce n’est la vie humaine, toute vie humaine…

Vincent Feroldi, le 17 octobre 2020

Improviser sa vie

Improviser sa vie

Cet été, dans le cadre d’une chorale, j’ai effectué un stage de chants d’improvisation.

Il s’agit d’apprendre à chanter à plusieurs, improviser des harmonies justes et des rythmes cadencés. Nous avons même inventé des langues chantées.

Cet exercice exige de beaucoup écouter l’autre pour s’ajuster à sa voix. S’écouter, se regarder, s’harmoniser ensemble.

Comme dans la vie.

Intégrer les consignes, les conseils, les repères, et écouter la vie qui est en nous, en l’autre, être attentif à ce qu’il nous donne de beau ou à ses fausses notes.

Puis, à plusieurs, oser construire un projet, une famille, un travail …

Cela demande une part d’improvisation mais dans un cadre bien précis, sécurisant.

Notre condition humaine est tissée de ce que nous organisons, préparons et de ce que nous ne pouvons pas prévoir.

Parfois déstabilisante, l’improvisation chantée nous mène à travailler notre voix profonde, notre technique vocale et notre oreille musicale.

Improviser notre vie nous amène à travailler notre voie profonde, celle pour laquelle nous sommes faits.

Inventer son propre chemin, sa façon d’être, sa fécondité.

Prévoir ce qui est possible, puis laisser le champ libre à l’imprévu, ce qui est donné, ce qui vient, les rencontres, les opportunités.

Puis se laisser saisir par la beauté de la vie.

Laurence