« Mais toi , quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. »
Pour la célébration de l’entrée en Carême, le prêtre de la paroisse a bien insisté sur ce double emploi du même mot : se retirer. Puis dans son homélie : « Père, pourquoi est-ce si difficile à autant d’entre nous, tes enfants, d’aller là… dans notre pièce la plus retirée, pour prier. Les Évangiles nous le disent à travers des images : aujourd’hui ‘’ta pièce la plus retirée’’, celle qui est en moi, en chacun ; avec la Samaritaine, c’est ‘’le puits’’ qu’il faut creuser, celui qui est en elle et où l’eau vive pourra jaillir ; mais c’est encore ‘’le désert’’, ce lieu à l’écart, aride, hors des distractions et agitations ! Pas la synagogue et la prière collective, pas non plus l’intercession en enchaînant les demandes pour ceci, cela et autre chose… non, ce lieu au plus profond de chacun de nous, et où, seuls, je peux rencontrer le Seul, l’Unique. »
Chaque carême, je choisis un point à développer, prière, jeûne, aumône. C’est parfois un peu tout en même temps, j’ai l’impression que c’est toujours la même chose ou, tel point, je le développe pendant l’année, déjà…
Comment approfondir, descendre en profondeur, sans trop de distractions ou agitations ?
D’abord, j’ai senti un appel à approfondir ma prière. Le lieu où Dieu m’attend. Il me semble que prier peut nous permettre ensuite d’être inspirés pour savoir de quoi jeûner et comment partager, selon la pensée du même prêtre cité ci-dessus.
Puis , je me suis aperçue que souvent quand je prie, je ne suis pas vraiment là. Je prie vite, en étant déjà dans l’activité que je vais faire après et je ne me souviens même pas du texte.
Quelqu’un de mon entourage m’a soufflé l’idée lumineuse d’écrire tous les jours du carême les méditations/prières inspirées par le passage de l’évangile quotidien.
Je bénis cette personne, car depuis que je me pose en écrivant, je me rappelle au cours de la journée un passage, un mot et je le dis tout simplement quand il vient. Sans forcément me « prendre la tête » tout le temps en essayant de tout expliquer au Seigneur pour qu’il comprenne bien le cheminement de mes pensées !
Donc, prier avec le cœur et non avec la tête ! Cet état de fait ne m’était pas inconnu, mais je ne l’avais sans doute pas encore intégré. Ce fut pour moi une révélation.
C’est sans doute cela, ma rencontre avec le Seul, l’Unique. Être en présence de la Présence, non pas par obligation, mais par Amour, se laisser toucher et incorporer la Parole, y revenir tout au long du jour et non pas la comprendre, mais la vivre !
Pourquoi est-ce si difficile d’aller dans ma pièce la plus retirée pour prier ?
Sans doute que le désert qui est en moi m’apparaît alors en pleine lumière et qu’il m’est douloureux de le constater. Mais les mots de l’Évangile me donnent parfois tellement de la joie, que je reviens toujours à ce puits sans fond creusé par ma soif. Si cette pièce retirée, c’est mon puits qu’il me faut creuser et dans lequel je peux puiser l’eau nécessaire pour vivre, je désire persévérer pour rencontrer l’Unique, seul à seul.
« Il lui dit : « Suis-moi ». Abandonnant tout, l’homme se leva ; et il le suivait. »
Luc 5, 27-32
« Seigneur, guide-moi dans ce qu’il faut que j’abandonne pour te suivre. Donne-moi de m’abandonner pour te rencontrer et rencontrer en vérité mes compagnons de route. »
Car le chemin de la prière mène aux chemins des hommes.
Laurence