Auteur : La Pierre Roulée

Marchons à l’étoile !

Marchons à l’étoile !

 » C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres , et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée…

Mais le monde ne l’a pas reconnu…

Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom « .

Jean 1, 3…12

Une lente révolution a démarré. Dieu nous rejoint. Dieu s’incarne.

Sa toute-puissance sera celle de l’amour en gratuité.

Un frémissement d’espérance nous met debout pour vivre éveillés et attentifs.

Le baptême nous donne singulièrement de devenir enfants de Dieu, nous qui croyons en son nom.

Un frémissement d’espérance nous donne des yeux, des oreilles, une langue, des jambes et des bras, pour aller et découvrir, rencontrer, écouter l’autre, les autres, et ouvrir ensemble des chemins de vie, traverser ensemble les ténèbres bien réels.

Que nos yeux s’ouvrent à la lumière !

Que nos cœurs s’élancent de joie !

Que tout notre corps danse la vie reçue !

Marchons à l’étoile !

Geneviève

Noël : Dieu de Tendresse

Noël : Dieu de Tendresse

Dans ce temps d’Avent et d’accueil du mystère de Noel, un mot m’a souvent accompagnée : celui de « Tendresse » ; je m’essaie à en écrire quelques lignes en pensée avec vous.

A Noël, ce qui vient d’abord c’est peut–être l’image de la tendresse d’une mère pour son enfant ; l’art de l’icône a peint des « Vierges de tendresse ».

A travers ce nouveau-né confié à la tendresse de ses parents. Cela m’ouvre à la contemplation de la Tendresse de Dieu pour tous ses « enfants », pour ce monde de chair et de sang.

Autre variante pour dire l’Amour, pour le chanter, la Tendresse est tout l’envers de la dureté, de la rigidité. Elle est proche de la caresse, de la liesse et de l’allégresse !

La Tendresse a ceci de particulier qu’elle ne peut dire l’amour qu’elle porte sans l’exprimer par le corps, par un regard, par un sourire, par la main qui se fait douce, etc.

Elle est un geste d’incarnation.

Elle s’appuie sur la tendreté du corps sensible et s’adresse encore à lui : elle l’habille de lumière, elle lui murmure qu’il est « béni » de toujours à toujours, quels que soit sa fragilité, ses altérations, ses enfermements et aveuglements possibles.

Il s’appellera « Emmanuel », Dieu-avec-nous. Dieu-avec-nous dans la diversité de nos expériences, dans le plus noir de nos duretés et rigidités qui font souffrir, dans le plus clair de nos liens qui épanouissent la vie et lui donnent de renaître.

Dieu-avec-nous, Amour qui se fait Tendresse, qui descend dans la chair du monde et s’exprime à travers elle.

En ces jours de Noel, je voudrais prier avec vous l’Esprit de Tendresse qui

« assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé ».

Souplesse, chaleur, rectitude… Trois voies corporelles et spirituelles au service du soin de la relation !

Que l’Enfant de la crèche renouvelle notre aptitude à la tendresse !

Laure

Des pierres qui se roulent… Des paroles qui s’échangent… Des enfants qui trouvent leur place

Des pierres qui se roulent… Des paroles qui s’échangent… Des enfants qui trouvent leur place

L’autre matin, j’ai été invité au Centre de la Famille et de la Médiation…

Une des médiatrices familiales nous a présenté le travail qu’elle fait dans des ateliers d’enfants, en particulier avec les 4-6 ans mais les ateliers vont, par tranches d’âge jusqu’aux 15-17 ans. Pour chaque atelier, il y a quatre séances de 1H30, parfois 2H avec les enfants et la dernière séance de 2H avec enfants et parents. La présence à ces ateliers est obligatoire en cas de médiation familiale, surtout lorsque celle-ci est prescrite par le juge des enfants ou le juge aux affaires familiales.

Un programme a été élaboré pour chaque séance avec des dessins et des jeux interactifs. Ce que constate la médiatrice c’est que, dès que la parole se libère, les corps se redressent. Certains enfants arrivent apeurés, repliés sur eux-mêmes, ne parlant pas ou n’osant pas parler et c’est, bien souvent, parce que l’un ou l’autre ose une parole sur ce qu’il/elle vit que chacun se sent autorisé à en faire autant. La bienveillance des médiatrices, le non-jugement et la confidentialité assurée font que peu à peu, au fil des ateliers, les enfants parlent et disent leurs souffrances devant les disputes de leurs parents voire les violences auxquelles ils ont pu parfois assister et leur peur d’être abandonnés. Mais ce qui domine c’est souvent la culpabilité, comme s’ils se sentaient responsables de ce qui arrive à leurs parents. Cette culpabilité a parfois été renforcée par la réflexion de l’un ou l’autre parent. Ce qui est lourd aussi pour les enfants c’est d’être parfois requis d’être porteurs de messages parfois haineux – « Tu diras à ton père… ou à ta mère… » Lorsque la séparation a été actée et la garde alternée mise en place, les enfants disent qu’ils n’ont plus de maison (un enfant avait dessiné une maison puis mis une grosse croix dessus). Très vite certains enfants se sentent responsables de leurs parents – par exemple ne pas dire ce qui pourrait fâcher dans la façon de vivre chez l’autre parent.

En écoutant cette médiatrice j’ai pensé au livre de Delphine de Vigan « Les loyautés » et j’en ai parlé. Plusieurs l’avaient lu et trouvé très juste. Ces conflits de loyauté bien décrits dans le livre sont aussi vécus par les enfants participant aux ateliers.

Lors du quatrième atelier, les enfants écrivent à leurs parents ; c’est une lettre écrite ensemble qui sera lue lors du cinquième atelier avec les parents et ceux-ci, à leur tour, répondront aux enfants. La médiatrice nous a lu une lettre écrite par les 6-8 ans disant aux parents leur souffrance de les voir séparés mais que même ainsi ils les aiment et encore plus quand ils ne se disputent pas et ne disent pas de mal l’un de l’autre. Les parents remercient les enfants, leur disent que, même séparés, ils les aiment et promettent de changer d’attitude. Lors de cet atelier, la médiatrice repère parfois des parents qui restent fermés, incapables de se parler en se regardant – ce qui est demandé. Elle leur propose alors une rencontre en particulier. Elle sait bien que le travail n’est pas fait une fois pour toutes, qu’il faudrait recommencer ces ateliers – certains enfants le demandent – mais elles ne sont pas assez nombreuses pour cela.

J’ai aimé aussi le témoignage d’une grand-mère présente dans notre assemblée. Sa petite-fille de 6 ans a répondu à ses parents qui se séparent et lui demandaient de prendre parti : « je ne suis pas votre juge » et elle est retournée tranquillement dans sa chambre.

En écoutant cette médiatrice j’avais l’impression de pierres qui roulaient, de portes qui s’ouvraient, je voyais de petites lumières s’allumer, fragiles mais bien réelles et je n’avais qu’une envie, de dire merci.

Marie

Créer du lien en créant des œuvres communes

Créer du lien en créant des œuvres communes

A l’occasion de la fête de nos anniversaires familiaux, cet été, j’ai été témoin que produire ensemble quelque chose de bon et beau facilite l’apprivoisement de chacun et permet de faire mieux connaissance.

Nous avons fait du pain et ce fut le pain de l’amitié.

Une salade de fruits avec un fruit apporté par chacun et ce fut un régal pour les papilles.

Une fresque colorée et ce fut un régal pour les yeux.

Chacun pu parler, se découvrir tout en s’occupant, pour le bien-être de tous.

Des rencontres qui n’auraient peut-être pas pu voir le jour sans ces médiations.

Nous avons des trésors de savoir faire à partager, à mettre au service du lien pour embellir nos vies.

Heureuse constatation que je vous partage !

Laurence

 

La violence et le pardon

La violence et le pardon

« Chaque fois que je renonce, j’ai la sensation d’un tremblement de terre au dedans de moi. C’est moi la terre qui tremble ».

Marina Tsvetaieva

J’ai mis une bonne trentaine d’années avant d’accepter de regarder tranquillement, en face, la réalité humaine de la violence inscrite en chacun de nous, inscrite en moi, un fil de trame des relations réciproques.

Il est plus facile parfois, d’avancer les yeux non dessillés, avec l’expérience du monde telle qu’apprise ou construite.

La colère destructrice est un des aspects de notre violence. La volonté de puissance exponentielle en est un autre. La violence sexuelle un autre encore.

L’apôtre Paul a accepté le dessillement de ses yeux sur le chemin de Damas. Il s’est mis au service de l’amour, de la vérité de l’amour. Il s’est mis au service du Christ avec toutes ses passions humaines à lui, Paul.

Il a consenti à ce remaniement intérieur, à ce creusement inlassable pour faire advenir la liberté et la dignité de chaque homme. Il n’a pas cherché à échapper à sa responsabilité nouvelle, marche pas à pas jamais définitivement accomplie, alliance d’amour avec Dieu – source du pardon qui remet debout.

Les obstacles sont nombreux, les impasses séduisantes : s’arrêter sur l’herbe verte, vivre nos habitudes attachantes, regarder ailleurs lorsque se déchaînent les « méchants », assoupir nos questionnements, laisser glisser.

Le discernement ne va pas de soi. La présence fraternelle aide à avancer un peu plus loin – à nous déplacer.

« C’est moi la terre qui tremble »

Je connais ces instants suspendus lorsque ma terre tremble. Quelque chose de hardi se rassemble pour la décision à prendre, la priorité à donner pour une réalité plus vaste, pour le renoncement à un regard de colère au profit d’un regard d’attention ouvrant à nouveau la parole. Quelque chose d’assuré se rassemble pour nommer l’impossible hors sens de la violence et travailler avec d’autres à aller ailleurs, plus loin.

Comme lorsqu’on sort de l’eau profonde en fin de plongée, que l’œil redécouvre le jour et les poumons l’air respirable sans bouteille.

« C’est moi la terre qui tremble »

Dans nos obscurités Seigneur, tu viens rouler la pierre et nous donner la vie.

Recevoir la vie et la donner.

Risquons nous encore à regarder, à écouter, à vivre ces temps, à aimer y parler – y garder silence, à aimer y attendre ensemble la brise légère.

Geneviève

Offrir ce qui fait ma joie

Offrir ce qui fait ma joie

Dieu de la vie, Tu renouvelles ce matin
Ton souffle sur terre, Nous te louons
Et qu’aujourd’hui ta création Renaisse par le Saint-Esprit

Quelques mots après un temps de vacances et de marche en montagne…

Dans notre périple en Queyras, nous avons poussées l’escapade jusqu’en Italie. Accueil dans un petit havre de paix et de douceur par une femme d’origine française qui, depuis trente ans, tient cette petite auberge et se donne sans compter pour accueillir randonneurs et touristes.

A la fin du diner, elle prend son accordéon diatonique, invite à la danse et nous raconte son histoire. Arrivée dans le pays avec son accordéon pour défendre la culture occitane, elle y a rencontré son mari et s’est installée dans le pays. Cette femme témoignait d’une belle énergie, son sourire et sa joie de partager ce qu’elle aime m’a touchée.
En écho, quelques mots sont venus s’inscrire dans ma mémoire : « Offrir ce qui fait notre joie ».

Donner de soi-même et partager ce qui fait l’essence même de notre vie. L’Evangile de ce jour me conduit dans cette même dynamique : « Donnez-leur vous-même à manger », le petit peu offert réjouit et rassasie la foule et les personnes assemblées. Peut-être que par de-là la nourriture, ce qui est partagée, c’est aussi la joie de la rencontre ?

« Offrir ce qui fait ma joie ».

Voilà ce qui vient pour l’heure me nourrir et me donner de l’élan.

Elisabeth
5/08/2019

Tout à coup !

Tout à coup !

« Tout à coup ! »

« Combien de fois n’ai-je pas été surpris, étonné, émerveillé, mais aussi décontenancé, dérouté par des évènements qui survenaient à l’improviste et me poussaient en avant, m’obligeaient à sortir de moi-même, à ouvrir les yeux, à élargir mes horizons, à me remettre en cause, à découvrir la richesse d’autrui à laquelle je n’avais pas, jusqu’alors, porté attention !

Sans ces « tout à coup », que serais-je devenu ? Ils m’ont poussé hors de mes enclos, hors de mes œillères, hors de mes préjugés. »

Jacques Musset, in Golias – semaine du 6 au 12 juin 2019

Ce « Tout à coup » se trouve dans le texte des Actes des Apôtres (2, 1-11) au verset 2 dans la traduction de la TOB : « Tout à coup survint du ciel un bruit comme celui d’un violent coup de vent… » – texte que nous lisons le jour de la Pentecôte.

J’ai aimé lire ce texte qui m’a donné de relire ce que j’ai vécu en revenant du week-end de Pentecôte dans la Drôme.

J’avais devant moi deux heures de voyage, d’abord en car, puis en train, et la perspective heureuse d’avancer le livre que j’avais emporté. En ouvrant mon sac, j’ai constaté « tout à coup » que je l’avais oublié chez les amis chez qui j’avais passé ces trois jours. J’ai éprouvé un mouvement intérieur de vive contrariété et aussi d’impuissance à réparer l’oubli, d’autant plus qu’à la gare de Valence je n’avais pas le temps d’acheter de quoi lire entre l’arrivée du car et le départ du train.

Dans le TER, je me suis assise à côté d’une religieuse de type malgache qui n’avait ni livre ni portable avec elle. J’ai donc entamé la conversation en lui demandant de quelle congrégation elle était – religieuse de la Trinité – et elle m’a confirmé qu’elle était malgache, originaire d’Antsirabe, petite ville où j’ai vécu deux années. J’ai été heureuse de l’entendre parler de cette ville où elle s’apprête à revenir, comme tous les trois ans, pour revoir sa famille mais aussi de Madagascar, pays auquel je pense souvent. Nous avons aussi échangé sur nos vies actuelles avec comme point commun le monde de la santé puisqu’elle est infirmière. C’était comme si j’avais rencontré une amie.

Ce petit évènement modeste – l’oubli d’un livre compagnon de voyage – m’a d’abord décontenancée puis poussée à sortir de moi-même et à découvrir la joie d’un partage de vie offert gratuitement. Sans cet oubli, je me serais plongée dans le livre et j’aurais sans doute négligé la présence à mes côtés de cette femme sympathique.

Marie, 12 juin 2019

Souffle de Pentecôte

Souffle de Pentecôte

Peut-être parce que j’ai été immergée quelques jours en pays étranger et que je me suis confrontée à la difficulté de parler et de me faire comprendre…

Peut-être parce qu’il m’est arrivé, comme à chacun d’entre nous, de buter sur des incompréhensions mutuelles…

Peut-être parce que j’étais la semaine dernière deux jours en formation sur l’écoute…

…je me suis arrêtée sur un article de Frédéric Boyer paru dans le quotidien La Croix du 6 juin 2019 : « Le don des langues » .

« Parler la langue de l’autre, même si peu, si maladroitement, c’était appeler à une communauté humaine manquante et désirée ».

Au cours de mon voyage à Lisbonne, le dernier jour, nous nous promenions dans les rues de l’Alfama, un vieux quartier où se préparait la fête de Saint Antoine qui a lieu toute la première quinzaine du mois de juin. Je désirai percevoir un peu mieux ce qui se préparait : tout le monde s’afférait dans les rues pour installer devant sa porte, un petit bar, un espace de convivialité…

Sur une petite place une femme âgée et son mari balayait une estrade. Ce désir de comprendre ce qui se tramait m’a invitée à m’adresser à elle, non en portugais (ni en anglais !), mais simplement en lui disant : « Bonjour ». De façon simple, nous avons entamé un dialogue. En quelle langue ? Je ne saurais dire… Elle a quand même fini par appeler son fils qui possédait quelques mots de français.

Ce petit échange modeste est resté pour moi gravé dans ma mémoire, d’abord pour l’audace pris de m’adresser à cette femme « même en français » et ensuite de partager un peu de ce qui mettait en action tous les habitants de ce quartier. Enseignement aussi de voir comment tout le monde s’y met et pas seulement le comité des fêtes ! J’ai simplement « éprouvé le désir de comprendre autrui et de me faire comprendre de lui ».

Chercher à rencontrer l’autre, à entrer en dialogue, voir en réciprocité, nous convoque à amorcer ce mouvement de « l’hospitalité que nous accordons à d’autres vies et d’autres paroles que nous ».

Risque pris de la parole adressée par de-là la peur, de se confronter à la différence, voire même d’être rejeté. Avancer dans la confiance sans crainte d’être renvoyé à notre propre solitude parce qu’il n’a pas été possible de rencontrer l’autre. C’est sans doute oser avancer dans ce souffle d’ouverture auquel nous invite le Souffle de Pentecôte.

«Apprendre la langue d’autrui ou traduire, c’est le mouvement même de la vie spirituelle : répondre au désir de se faire comprendre d’autrui et de le comprendre».

Chercher à comprendre l’autre, à entendre ce qu’il a me dire me semble être dans cette même dynamique. Au sortir de ma formation sur l’écoute, j’ai mieux perçu, qu’il y a toujours une part manquante de l’autre que nous ne pourrons jamais atteindre. Il y aura toujours quelque chose que je n’aurai pas entendu, mal compris. Mais ce dont je suis sûre, c’est que cette quête de comprendre l’autre s’enracine dans cet espace du Souffle créateur qui cherche à mettre en lien au cœur des différences.

Que le Souffle de Pentecôte nous habite !

Elisabeth
09/06/2019

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Pèlerinage

Pèlerinage

Le pèlerinage, c’est partir chaque jour de chez soi, à l’heure, sans courir, ni précipitation, pour vivre au rythme du temps que Dame Nature te proposera…

Le pèlerinage, c’est partir chaque jour de chez soi, pour aller à la rencontre des choses et des personnes qui ont à te transmettre, en ce jour, un message d’éternité…

Le pèlerinage, c’est partir chaque jour de chez soi, pour prendre l’air du temps et recevoir un souffle nouveau, à temps et contretemps…

Le pèlerinage, c’est partir chaque jour de chez soi, par tous les temps, convaincu que le chemin te fera vibrer au cristal divin…

Le pèlerinage, c’est partir chaque jour de chez soi, pour, en chemin, changer, devenir autre et se convertir…

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Le pèlerinage, c’est partir le cœur en attente et les yeux ouverts, sans autre bagage que la confiance et l’espérance…

Le pèlerinage, c’est s’adonner à une démarche de disponibilité de l’âme, d’offrande de son être et d’écoute de l’autre…

Le pèlerinage, c’est entrer dans un chemin de conversion, en marchant à son pas, pour durer et atteindre le but rêvé…

Le pèlerinage, c’est inscrire dans son corps le renoncement à l’enfermement et l’ouverture à l’inattendu…

Le pèlerinage, c’est vivre une démarche journalière de pauvreté, d’humilité et de découverte d’une énergie intérieure ignorée…

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Le pèlerinage
C’est jeter tout ce qui est de trop
Se passer de ce qui génère la mauvaise graisse
Dégraisser ta foi
Et aller à l’essentiel.

N’avoir besoin de rien d’autre
Que d’une voie menant au Christ
Qui te rejoindra sur ton chemin pèlerin
Pour te faire goûter de Sa Parole.

Quand tu seras avec Lui
Et te tiendra dans Son intimité
Il t’indiquera la voie qui est la tienne
Pour que tu donnes le meilleur de toi-même
Et puisses aller toujours plus loin
Au-delà du mont qui te semble infranchissable.

La Vie t’attend
Tu n’as qu’à la gouter
Cueille-la
Elle a saveur d’éternité.

Vincent Feroldi
d’après des textes de CM

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Photos du pèlerinage de Shikoku (Japon) et exposition à l’IMA © V. Feroldi
Entrer dans la dynamique de la foi

Entrer dans la dynamique de la foi

A partir de Jean 20, 1-9

Entrer dans la dynamique de la foi… c’est par cette porte que je suis entrée dans l’évangile du matin de Pâques

Marie-Madeleine à ce moment-là n’entre pas. Elle a son interprétation toute faite. Elle court trouver Simon-Pierre et l’autre disciple pour leur faire part de l’enlèvement du défunt.

Le disciple qui arrive le premier reste sur le seuil.
En se penchant, il aperçoit des signes.

Simon-Pierre arrive et il entre dans le tombeau.
Il en voit un peu plus : il aperçoit non seulement les linges, mais découvre aussi le suaire roulée à part à sa place.

« C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau.
Il vit et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Ecriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts »

Nous savons depuis qu’il a fallu du temps aux premiers disciples pour proclamer Jésus, Christ et Seigneur. Cela ne s’est pas fait sur un claquement de doigt. Mais nous savons aussi la force de retournement qu’a suscité cette foi dans leur vie.

&

Entrer dans la dynamique de la foi… tel un mouvement continué, un souffle qui ne cesse ouvrir l’avenir !

Entrer dans la dynamique de la foi… non pas en étant loin de la réalité de la mort, loin des réalités du mal. Mais plutôt en pouvant nous en approcher, en supporter le contact. Il y a les signes de la mort qui nous laissent incrédules et d’autres qui nous donnent d’espérer la vie plus forte que la mort.

La pierre est roulée, une question s’est faufilée :

« Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? Un fils d’homme que tu en prennes soucis ? »

La question est tenace, elle remplit l’espace vide. Parfois, elle nous laisse sur le seuil. A l’heure favorable, elle nous fait entrer dans l’émerveillement d’être aimés et la joie libérée de toute question de mérite.

Entrer dans la dynamique de la foi … en prenant appui les uns sur les autres. Les rythmes et les chemins sont différents pour aller vers Jésus le Ressuscité, mais c’est ensemble que l’on avance. Parce que toute expérience de foi en Christ est aussi une expérience de confiance avec et envers d’autres.

Entrer dans la dynamique de la foi et parfois

Ne rien voir
Aucun signe
Etre tenté de revenir sur le seuil
Craindre de se fatiguer « en pure perte »
Craindre encore de défaillir en route
Entendre que le disciple n’est pas au-dessus du maître
Et que l’Esprit nous est donné comme un Défenseur

C’est qu’entrer est un verbe d’approche qui dit déjà une implication.
Il a fallu franchir le seuil de la peur, de l’hésitation, du vertige, et faire le pas d’entrer avec son désir et ses ambivalences.
Entrer dans un espace définitivement ouvert qui nous ouvre à plus grand que nous.
Entrer et se laisser faire, se laisser façonner par la Parole de vie.

Entrer dans la dynamique de la foi pour aller et venir entre le temps de l’agenda, celui des « affaires du monde » et l’Eternité de la Présence. Aller et venir entre les dialogues des jours et la parole de l’Ecriture ; entre la libre détermination pour les menues ou plus grandes décisions et l’écoute de Celui qui se tient au milieu de nous, Altérité aimante qui nous donne de vivre de sa Vie et nous fait créateurs avec lui.

En cette Pâques 2019, par où ai-je encore à « entrer » ?

Où est-ce que le Seigneur m’attend pour renaître et poursuivre ma vie dans le dynamisme de la sienne ?

Cette question chaque fois singulière est aussi question essentielle pour l’Eglise de notre temps !

Laure
21 avril 2019