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Entrer en collaboration active…

Entrer en collaboration active…

J’ai aimé prendre le temps de lire et de goûter la séquence du livre d’Ezéchiel au chapitre 37, 1-14. le prophète Ezéchiel nous entraîne dans une vision d’ossements tout à fait desséchés (remarquez la précision !) et s’ensuit un dialogue avec le Seigneur :

« Fils d’homme, ces ossements peuvent-ils revivre ? »

Je lui répondis « Seigneur Dieu, c’est toi qui le sais ! »

Il me dit alors : « Prophétise sur ces ossements. Tu leur diras…

 De là, j’ai gardé le mot de COLLABORATION.

Ezéchiel se met sous la parole de cet Autre qu’il reconnait comme étant Le Seigneur. Il reçoit de lui une parole qu’il sera chargé de transmettre en son nom.

Et le Seigneur charge son prophète de prophétiser autant qu’il le faudra : il devra s’y reprendre à plusieurs reprises. La tâche est immense ! Il peut compter sur la présence du Seigneur et un dialogue d’étroite coopération.

« Prophétise fils d’homme […] Dis à l’esprit : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Viens des quatre vents, esprit ! Souffle sur ces morts, et qu’ils vivent ! ».

Dans cette parole, il me semble entendre un vent de dynamique trinitaire : étroite et intime collaboration où « chacun » a sa place singulière, son rôle à jouer. Et tous sont à l’unisson d’un même dessein d’amour.

Progressivement, la vue d’Ezéchiel s’affine. Il entre plus intimement dans la vue de son Seigneur :

« Fils d’homme, ces ossements c’est toute la maison d’Israël. Car ils disent « nos ossements sont desséchés, notre espérance est détruite, nous sommes perdus !» Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur Dieu : « je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple.[…] Vous saurez que Je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple ».

Lorsque l’on répond à quelqu’un : « c’est toi qui le sais », on peut sous-entendre : « c’est ton affaire, ce n’est pas la mienne ! ». Ici, Ezéchiel entre dans la vue de foi de son Seigneur ; il la découvre à mesure qu’il entre en collaboration active avec Lui pour que s’actualise le Don de sa promesse, que revienne l’espérance et qu’un élan de vie propulsif dans le peuple permette une nouvelle naissance…

« Alors vous saurez que Je suis le Seigneur »

La révélation passe par la médiation des prophètes et par la relecture des signes qui parlent du Dieu vivant à l’œuvre.

Dans l’évangile de Matthieu 16, 13-20, je retrouve la même démarche d’intime collaboration espérée par Jésus avec ses disciples, ici tout particulièrement Pierre.

L’acte de foi de ce dernier en réponse à la question : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » n’est pas suivi d’un « très bien », « excellente réponse, tu peux aller te rasseoir ». Mais Jésus lui dit : « Heureux es-tu ! » car, sans que tu ne le saches ni le comprenne très bien, tu es greffé à la même Source que moi et c’est elle qui t’ouvre les yeux. Ensuite, il lui suggère d’être prêt et « dispo » pour œuvrer à la révélation du Dieu Vivant… Son acte de foi ne peut que s’épanouir en intime collaboration.

 «Tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux »

Que comprendre ?

Déjà, entendre la mystérieuse confiance qui préside en tout. Ensuite, se glisser dans la possibilité d’une vue de foi partagée qui permette de construire en liant et en déliant « pour l’éternité ».

Lier, délier sont deux verbes – fondements de la relation.

Invitation à se tenir à cette humble tâche, à y apporter du soin, tant elle est précieuse, délicate, difficile. Même lorsqu’elle rencontre nos peurs, quand elle se cogne à des obstacles et doit franchir nos peines.  Œuvrer avec le Seigneur et recueillir les signes offerts au regard qui cherche.

Collaboration et non exigence de réussite et encore moins, affaire personnelle.

Garder vive la mémoire de la Source qui l’appelle et la soutient chaque jour !

Laure

Le tsimtsoum de Dieu

Le tsimtsoum de Dieu

« Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea ses disciples à monter dans les barques et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier ».

Mt 14, 22-33

A plusieurs reprises, dans l’évangile de Matthieu, Jésus se retire, à l’écart, en particulier après la mort de Jean Baptiste ou après des discussions houleuses avec les pharisiens, ou bien, dans l’évangile de Jean, lorsque la menace de mort se fait plus précise pour lui.

Dans ce texte d’évangile en Matthieu 14, le retrait de Jésus a, me semble-t-il, un autre sens et c’est au tsimtsoum, un concept de la Kabbale, que j’ai pensé. Le connaissez-vous ?

J’ai regardé ce que dit Wikipédia. Ce concept traite d’un processus précédant la création du monde selon la tradition juive. Il peut se résumer comme étant le phénomène de contraction de Dieu dans le but de permettre l’existence d’une réalité extérieure à lui.
La création n’est possible que par le retrait de Dieu en lui-même : Dieu se concentre en lui-même pour permettre à quelque chose qui n’est pas d’exister. Cette concentration de Dieu en lui-même est source d’énergie. Une part de la divinité se retire afin de laisser place au processus créateur du monde.

Autrement dit, le tsimtsoum est la façon dont Dieu fait de la place pour que nous puissions avoir notre propre monde, faire nos propres choix. Mais Dieu demeure présent dans son absence, encore plus présent dans son absence que dans sa présence.

J’ai aimé lire, dans le livre de Francine Carillo : J‘aimerais que vivre tu apprennes, cette phrase : « Si nous pensons que Dieu prend toute la place, nous n’existons pas et nous nous dispensons d’agir en sujets vivants ».

Lorsque Jésus se retire « à l’écart, pour prier », il se retire en lui-même, dans l’intimité de sa relation avec son Père avec qui il ne fait qu’Un (cf. « Je suis dans le Père et le Père est en moi  » Jn 14, 11.). Là, il puise l’énergie, le souffle de vie qui les unit et qu’il transmettra à ses disciples qu’il laisse partir dans la barque.

Plus tard, avant sa mort, Jésus leur dira : « C’est votre avantage que je m’en aille ; en effet, si je ne pars pas, le Paraclet (l’Esprit Saint) ne viendra pas à vous ; si, au contraire je pars, je vous l’enverrai » (Jn 16, 7).

Comme Dieu, Jésus demeure présent dans son absence. Il voit ses disciples en proie aux vents contraires, luttant contre la tempête. Eux, les professionnels de la mer, perdent pied. Et Jésus, « vers la fin de la nuit », vient, non pas comme un fantôme mais comme un ami : « Confiance ! C’est moi, n’ayez plus peur ! ».

Je crois en cette présence de Jésus dans l’absence. C’est parfois au plus fort des épreuves, des doutes, des bouleversements, que le Christ est présent, non pas comme un fantôme mais mystérieusement comme un ami, un frère redonnant confiance.

J’accueille cet évangile comme un appel à croire que Dieu a voulu l’homme libre de créer, de bâtir le monde, de tout faire comme si tout dépendait de lui et, en même temps, en l’assurant de sa présence : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20).

Seigneur, tiens-nous dans la confiance !

« Ouvrons nos cœurs au souffle de l’Esprit ».

Marie

Le semeur

Le semeur

 

Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer.
Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage.
Il leur dit beaucoup de choses en paraboles :

« Voici que le semeur sortit pour semer.
Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger.
D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde.
Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché.
D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés.
D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.
Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Matthieu 13, 1-9

Le semeur est sorti pour semer…

J’aborde à nouveau cette parabole si vivante pour moi.

L’acte inaugural est le don, le germe de vie offert sans défense à la terre.

« Au commencement était le Verbe ».

Nous comprenons bien les différentes terres de par le monde, les différentes attitudes intérieures sur lesquelles tombe la semence : les cœurs secs et durs ou simplement indifférents? les pratiques embroussaillées de jalousies – de violence – de pouvoir sur autrui et, en contrepoint, les cœurs de disciples comme une bonne terre où le germe de vie va s’enfouir.

En ce temps là, on semait partout avec la confiance tenace que le grain finirait par donner suffisamment pour la vie des uns et des autres.

Le semeur est sorti pour semer…

Il connait bien les risques, la fragilité de son travail. Il a confiance. Nous grandissons dans la confiance que nous fait le Père en son Fils, dans la confiance du Christ en chacun de nous, dans la force de l’Esprit.

Nous savons qu’une bonne terre ne suffit pas. Un humble, dur et régulier travail est nécessaire : préparer la terre, l’arroser, veiller pour la garder fertile, enlever ronces et herbes folles promptes à se développer.

Le semeur est sorti pour semer…

Il est sans illusions. Cependant? il annonce que quelque chose va pousser : un grain donnera du fruit, trente, soixante ou cent pour un.

L’amour est semé dans un monde brutal, tourmenté, divisé et pacifié à l’aune des germinations.

Malgré ou avec nos refus, nos incompréhensions, nos résistances, nos échecs, nous entendons que de nos vies sortira une grande récolte.

La Parole proclamée, reçue, entendue, distordue, labourée, retournée, germe au milieu des conflits, des silences, des déserts. La Parole, amour inlassable, amour créateur.

Celui qui a des oreilles pour entendre qu’il entende. La Parole rencontre une oreille, rencontre un corps, le mien – le nôtre et la Parole germe. Source de liberté.

C’est l’oreille de cette statuette de Saint Benoit à Tamié…  Qu’entendons-nous et comment nous entendons-nous, aujourd’hui, entre nous pour nous réjouir de la moisson ? Comment nous entendons-nous pour avoir confiance en la fertilisation et la fructification de nos jardins intérieurs ? Comment nous entendons-nous entre nous pour semer avec amour, pour laisser grandir en nous le désir de parler à Dieu, le désir de parler de Dieu ?

« Au commencement était le Verbe…Tout fut par lui , et sans lui rien ne fut. Ce qui fut en lui était la vie »

Jean 1, 1-4

Geneviève

Juillet 2020

Se prosterner

Se prosterner

Se prosterner

Face contre terre
Devant le Seigneur
Cœur à cœur
humble, profond
et vrai.

Je suis si petit…
poussière d’étoile
dans la voie lactée
Grain de sable
dans l’immensité du désert
Goutte d’eau
dans l’immensité des océans

Si petit…
à l’horizon du temps,
et des milliards d’habitants
de la planète,
depuis les origines .

Si petit…
Et pourtant Seigneur,
Tu me connais !
mon nom est gravé
dans la paume de ta main.
J’ai du prix à tes yeux
Et tu m’aimes…

Etonnement sans limite
Pas de mots,
Adoration

Enfouissement
dans la terre généreuse
de Ta miséricorde.

Grain de sénevé,
Grandir et mûrir,
donner la vie,
donner SA vie.

Je me prosterne devant toi,
Seigneur Tout Puissant
qui n’écrase pas
mais relève
et réchauffe
et remet en chemin,
En toi.

Christine

Seigneur, nous croyons…

Seigneur, nous croyons…

Rameaux 2020 ; confinement quasiment planétaire pour cause de pandémie coronavirus.

Dans nos obscurités Seigneur, tu es notre lumière…

Nous, membres associés de la Pierre Roulée, avons écrit nos résonances profondes à la lecture, à l’écoute de l’Evangile de la Passion (Matthieu 26-14, 27-66) au fil de ce temps si particulier, au cœur de nos espaces de confinement.

SILENCE

La solitude de Jésus, trahi, renié, abandonné par ses amis. La haine l’emporte.
L’abandon sur le bois de la croix.
Au cœur même de la souffrance.
Le long silence de Jésus, rompu par une parole et un cri.

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as tu abandonné »

Tragique de l’expérience humaine. Nos obscurités portées jusqu’à Lui.
Crier vers Dieu.
Par où passe l’Alliance en ces heures noires ?

TENTATION. RENIEMENT

« Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation. L’esprit est ardent, mais la chair est faible.

Tentation de refuser l’amour sans mesure. Tentation de rejeter dans les abîmes la possibilité même de l’amour qui se donne sans se reprendre, qui aime gratuitement et que Jésus manifeste par sa vie et sa mort.
Pierre pleure de ne pas pouvoir aimer suffisamment.
Mais Jésus, fils de Dieu, espère inlassablement de tout homme et son amour nous rend capables d’assumer notre vie, de porter notre croix.

VEILLER ET PRIER

Pas de réponse hors de la prière. Quand tout se ferme autour, l’ouverture ne peut être que de ce côté ci.
Veiller et prier. Ne pas lâcher ce silence là qui est présence à la réalité en toutes ses nuances et écoute de l’Autre. Toutes les vies humaines tissent la prière des jours, en communion.
La volonté de Dieu consiste à ce que les hommes se respectent et s’entraident, qu’ils s’aiment et se pardonnent, même s’ils sont ennemis. Elle est un Esprit vivant qui prend Corps chaque jour jusqu’à la communion de la Résurrection.
Veiller et prier, et découvrir l’Esprit ardent.

TOUT EST ACCOMPLI

Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l’esprit.

Jésus rendit l’Esprit pour nous le donner, le donner à tous !
C’est la fin d’un monde, brèche dans la mort .
Le passage pour donner à chaque humain, accès à ce Dieu qui a renoncé à son intégrité divine, accès à son Fils – le Vivant à jamais.
La Présence vive de Jésus dans nos adversités.
Jésus le Christ a rejoint et habité les extrêmes et les nuances de notre humanité, il les a pleinement portés et partagés. Il les a endurés en sa vie… Il les a ouvert en sa passion-mort-résurrection.

SILENCE : HUMBLE ADORATION

LUMIERE

Aux jours de tremblements, comme aux jours glorieux, reconnaître l’identité de Jésus et le triomphe de la vie sur la mort, de l’amour dans nos vies. Revenir à la source.
Donner sa vie, humblement, en confiance, avec Lui, aujourd’hui.
Nous portons le fardeau les uns des autres, avec Jésus le Christ, par lui et en lui. Nous avançons les uns par les autres , dans l’amour de la réalité, des choses rencontrées et incontournables, terrestres et humaines. Mais Jésus le Christ est le chemin.
Nous cherchons tous la lumière. Elle n’est pour le moment qu’à espérer, dans la foi partagée.
Il peut y avoir, présentes, des petites lumières dans la solitude, même « de loin ».

Nous rendons grâce pour les rencontres, la vie en communion, le dialogue respectueux, la solidarité, la vie comme une offrande, l’amour, le prendre soin, l’humilité de la tendresse.

Seigneur, nous croyons. Seigneur, nous venons à toi.
Dans nos obscurités, tu es notre lumière.

Les membres associés de La Pierre Roulée

4 et 5 avril 2020

Patienter

Patienter

« Je crois en Dieu. C’est une manière de croire particulière. Je ne suis pas dogmatique.
Je crois que Dieu a surtout envie que je me préoccupe de ma vie et non de lui. Cela relève d’une très grande confiance. Ce qui m’est le plus cher, c’est vivre cette vie, avec les valeurs qui me semblent les plus grandes : le don, la générosité, l’amour, la capacité de se dépasser et de se détacher en même temps. Et de conjuguer cette vie avec un verbe que l’on aime. Pour moi, ce verbe est « créer »… »

Wajdi Mouawad, auteur et metteur en scène
LA VIE n° 3894 

Conjuguer sa vie avec un verbe que l’on aime…

Pour moi, ce verbe est patienter. J’avais plusieurs verbes qui me sont venus à la conscience quand j’ai lu cet article : aimer, accueillir, comprendre, méditer, prier, compatir, soutenir…

Je choisis, la patience, car je pense que faire preuve de patience est un sacré atout qui agrémente la vie. Il est aussi d’actualité, car il en faut de la patience dans notre confinement actuel pour accepter cette privation de nos libertés qui pourtant, sauve des vies.

On ne tire pas sur une fleur pour la faire pousser. On l’arrose et on la regarde grandir… patiemment.

Proverbe africain.

Ce sage proverbe peut s’appliquer dans l’éducation, dans la relation…

Nous avons toute la vie pour mettre en œuvre notre patience, attendre le moment propice pour faire quelque chose qui nous était difficile avant, ou dire une parole que nous n’avons jamais osée…

C’est patiemment que les chercheurs trouveront un vaccin au virus, c’est aussi avec patience que nous inventons une nouvelle façon d’être au monde dans ces temps de changement.

La patience est ce verbe adapté au changement. Celui qui n’attend pas ne peut pas regarder grandir les êtres.

J’ai été témoin de transformations autour de moi et en moi, et cela me dit que cela vraiment vaut la peine d’attendre. L’arrosage est important, c’est grâce à cette eau que la fleur grandira, c’est grâce à notre attention, nos soins qu’un enfant s’élèvera, qu’une personne guérit. Nous œuvrons le mieux possible et la vie advient petit à petit.

Laurence

Matin de Pâques

Matin de Pâques

Méditation inspirée par le texte de Mathieu 28, 1-10

Le tombeau est ouvert
La grosse pierre a été roulée
Les linges sont rangés à leur place (chez Jean)
… ce n’est plus là que ça se passe.

Vite !
Allez dire à mes disciples : « Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là vous le verrez ».

Le Seigneur a encore un temps d’avance
Depuis le commencement, il a un temps d’avance
La foi dit : Alpha et Omega de notre histoire !

Vite !
Les femmes quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.

Chaque fois qu’il est question de mise au monde, de nouvelle naissance, n’y a-t-il pas toujours à la fois crainte et grande joie ?

Dans chaque naissance, la vie se montre victorieuse de toutes les forces de la mort.

Avec leur corps et leur voix de femmes, elles portent une nouvelle qui les déborde de part en part : Ciel nouveau ! Terre nouvelle !

Christ est ressuscité d’entre les morts. Il est vraiment ressuscité !

Fête de la Confiance, fête de l’Espérance !

Tout est Ouvert

Tout est ouvert comme jamais nous n’osions l’espérer

Un vent de résurrection, de vie victorieuse souffle sur toute réalité, mêmes les plus fermées, mêmes les plus abjectes, les plus désespérantes, les plus souffrantes…

Rien n’est hors du regard et de la puissance d’Amour de Dieu manifestée en Jésus mort et ressuscité

« Soyez sans crainte, allez dire à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront »

La foi rend pèlerin

La foi se vivra dans le quotidien

Continuer sa vie d’homme, de femme, de disciple, engagé dans des relations de fraternité, de compagnonnage, d’amitié, engagé dans des alliances avec d’autres, engagé dans des fidélités, engagé dans un métier, dans une action, dans une mission, etc., etc. : c’est là que ça se passe.

Ouvrir les yeux

Ouvrir son cœur

Ouvrir, élargir, l’espace de sa tente

Le Ressuscité de Pâques se tient là présent

Il nous attend

Il nous attend et nous fait renaître

Crainte et grande joie !

Alléluia !

Laure

Semaine Sainte

Semaine Sainte

« A partir de midi, l’obscurité se fit
sur toute la terre jusqu’à trois heures ».

Matthieu 27, 45

« L’obscurité se fit sur toute la terre »,
le silence devenu muet, désespère
d’une parole qui se tait, au seuil du mystère…
Nous cherchons tous la lumière
elle n’est pour le moment qu’à espérer,
dans la foi partagée
car les corps de ceux qui meurent
vont directement au cimetière
seuls, ou accompagnés d’une communion de prière…

Dans une EHPAD lyonnaise…

Elle s’appelle Marguerite
j’effleure son nom
comme une fleur de printemps.
Elle est morte, emportée en quelques heures,
par la déferlante du covid 19…
A l’hôpital, pas d’Adieu au visage, pour les proches,
seulement un rendez-vous au cimetière,
ils étaient trois, pour la bénir et lui dire « merci » !

Il s’appelle Jean
j’égrène son prénom
comme les grains d’un chapelet…
Il est parti comme un voleur
rencontrer son Seigneur !

Elle s’appelle Roselyne
Je murmure son prénom
comme une caresse
sur le front d’un enfant…
Elle a lutté et traversé la maladie
avec ses 89 printemps !
Aujourd’hui elle ira faire quelques pas
dans le jardin avec sa sœur Julia !

Il s’appelle Roger
je devine la trace d’un amour
enroulé dans ses mains,
elles se sont ouvertes, d’un seul coup…
Il a tout lâché, aujourd’hui, comme hier,
parce qu’il a fait de sa vie une offrande…
Il est mort dans ce presque rien
pour aller son chemin, un peu plus loin…

Elle s’appelle Maria
j’écoute son souffle fatiguée
car elle se laisse mourir de tristesse
confinée et trop isolée dans sa chambre…
Vivre ? Pour qui ? Pourquoi ?
Elle grelotte dans le froid de l’abandon…
Le directeur appellera finalement
sa sœur de cœur
pour ouvrir doucement
les paupières de son désir…
Elle va mourir, c’est sur,
mais pas toute seule…

Il s’appelle Amédée
je guette l’ange de la consolation,
il viendra poser sur son visage,
dans cette nuit en plein jour,
un geste de bénédiction
pour l’emmener là-haut…

Elle s’appelle Ria
Je vois son sourire, elle va mieux.
Elle est à la fenêtre de sa chambre,
le téléphone collé à l’oreille,
elle est tellement sourde !
Elle voit sa sœur aimée en bas,
elles se parlent, elles se voient,
et la vieille femme lui dit :
« ça fait du bien de vous voir ! »
Ria, entraîne-nous à espérer !

Elle s’appelle Marie
Elle me fait somnoler dans l’attente
car les pompiers n’ont pas voulu l’emmener…
Elle commençait à manquer d’air…
Elle est sous morphine, dans sa chambre…
Les soignants sont venus chercher un chapelet
la vierge Marie est si importante dans sa vie
et nous savons si peu de choses de ceux que nous aimons…

Marie est allée rejoindre la maison du Père
dans la nuit du 5 avril, à l’approche de ses 97 ans !
Religieuse, elle a donné sa vie, sans bruit,
sans assurance, dans une profonde confiance.
Dans sa fragilité, à la fin de sa vie, elle gardait son sourire,
une immense bonté irradiait son visage, son regard…
Elle est partie avec son chapelet dans les mains
et la vierge Marie au cœur, unies dans un oui à la Vie…
Marie, sera enterrée cette après midi, au cimetière,
Là haut, sur la colline de Fourvière,
accompagnée de sa sœur et du prêtre de la paroisse,
Aujourd’hui la Lumière l’a prendra dans ses bras !

Il s’appelle Louis,
Je dessine son prénom
en lettres de feu !
Il était passeur de lumière
sur les chemins du Croire…
Il avait pour tout abri
une portion d’humanité à aimer
sous un ciel étoilé d’espérance !
Il vient de faire son ultime traversée
Vers Celui qui, un jour, l’a appelé et envoyé !

« Jésus poussant de nouveau un grand cri, rendit l’esprit
Et voici que le rideau du Temple
se déchira en deux, du haut en bas ;
la terre trembla et les rochers se fendirent.
Les tombeaux s’ouvrirent… ».

Matthieu 27, 50-52b

Jésus rendit l’Esprit
pour nous le donner,
le donner à tous !

Le voile se déchire…
Ne cherchons pas à le raccommoder,
c’est la fin d’un monde…

Les tombeaux s’ouvrent…
Cette brèche dans la mort
devient le Passage, la Pâque,
pour donner à chaque humain
accès à ce Dieu
qui nous a tout donné
en son Fils Jésus, mort
et ressuscité !

Oui, « dans nos obscurités,
tu es notre lumière… »

Pierrette Crapon
Semaine Sainte, avril 2020

La prière du confiné

La prière du confiné

Je reste à la maison, Seigneur !
Et aujourd’hui, je m’en rends compte,
Tu m’as appris cela,
Demeurant obéissant au Père,
Pendant trente ans dans la maison de Nazareth,
En attente de la grande mission.

Je reste à la maison, Seigneur,
Et dans l’atelier de Joseph,
Ton gardien et le mien,
J’apprends à travailler, à obéir,
Pour arrondir les angles de ma vie
Et te préparer une œuvre d’art.

Je reste à la maison, Seigneur !
Et je sais que je ne suis pas seul
Parce que Marie, comme toute mère,
Est dans la pièce à côté, en train de faire des corvées
Et de préparer le déjeuner
Pour nous tous, la famille de Dieu.

Je reste à la maison, Seigneur !
Et je le fais de manière responsable pour mon propre bien,
Pour la santé de ma ville, de mes proches,
Et pour le bien de mon frère,
Que tu as mis à côté de moi,
Me demandant de m’en occuper
Dans le jardin de la vie.

Je reste à la maison, Seigneur !
Et dans le silence de Nazareth,
Je m’engage à prier, à lire,
Étudier, méditer,
Être utile pour les petits travaux,
Afin de rendre notre maison plus belle et plus accueillante.

Je reste à la maison, Seigneur !
Et le matin, je te remercie
Pour le nouveau jour que tu me donnes,
En essayant de ne pas la gâcher
Et l’accueillir avec émerveillement,
Comme un cadeau et une surprise de Pâques.

Je reste à la maison, Seigneur !
Et à midi, je recevrai
La salutation de l’Ange,
Je me rendrai utile pour l’amour,
En communion avec toi
Qui t’es fait chair pour habiter parmi nous ;
Et, fatigué par le voyage,
Assoiffé, je te rencontrerai
Au puits de Jacob,
Et assoiffé d’amour sur la Croix.

Je reste à la maison, Seigneur !
Et si le soir me prend la mélancolie,
Je t’invoquerai comme les disciples d’Emmaüs :
« Reste avec nous, le soir est arrivé
Et le soleil se couche ».

Je reste à la maison, Seigneur !
Et dans la nuit,
En communion de prière avec les nombreux malades
Et les personnes seules,
J’attendrai l’aurore
Pour chanter à nouveau ta miséricorde
Et dire à tout le monde que,
Dans les tempêtes,
Tu as été mon refuge.

Je reste à la maison, Seigneur !
Et je ne me sens pas seul et abandonné,
Parce que tu me l’as dit :
« Je suis avec vous tous les jours ».
Oui, et surtout en ces jours
De confusion, ô Seigneur,
Dans lesquels, si ma présence n’est pas nécessaire,
Je vais atteindre chacun, uniquement avec les ailes de la prière.

Amen.

Anonyme

Marchons à l’étoile !

Marchons à l’étoile !

 » C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres , et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée…

Mais le monde ne l’a pas reconnu…

Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom « .

Jean 1, 3…12

Une lente révolution a démarré. Dieu nous rejoint. Dieu s’incarne.

Sa toute-puissance sera celle de l’amour en gratuité.

Un frémissement d’espérance nous met debout pour vivre éveillés et attentifs.

Le baptême nous donne singulièrement de devenir enfants de Dieu, nous qui croyons en son nom.

Un frémissement d’espérance nous donne des yeux, des oreilles, une langue, des jambes et des bras, pour aller et découvrir, rencontrer, écouter l’autre, les autres, et ouvrir ensemble des chemins de vie, traverser ensemble les ténèbres bien réels.

Que nos yeux s’ouvrent à la lumière !

Que nos cœurs s’élancent de joie !

Que tout notre corps danse la vie reçue !

Marchons à l’étoile !

Geneviève