Catégorie : Textes de référence

Evocations de la Pierre roulée

Evocations de la Pierre roulée

La pierre roulée, le tombeau ouvert, c’est supporter l’absence d’un Dieu que nous voudrions retenir, garder pour soi et, en quelque sorte, réduire. C’est quêter la Présence toujours offerte d’un Dieu Libérateur.

La pierre roulée, le tombeau ouvert, c’est désirer nous tenir dans l’ouverture de la relation au Dieu Vivant. C’est ne pas avoir d’autre feuille de route que de puiser, jour après jour, à cette source mystérieuse à laquelle le Christ nous conduit.

La pierre roulée, le tombeau ouvert, c’est reconnaître qu’il n’y a de rencontre du Ressuscité que par le déplacement et la conversion du regard, la relecture des signes, la Parole écoutée et interprétée à plusieurs, les médiations humaines… C’est nous exercer, par la relecture et l’écriture, à dessiller nos yeux pour Le reconnaitre.

La pierre roulée, le tombeau ouvert, c’est partir ensemble sur le chemin de la Foi. Dieu précède toujours nos attentes et nos logiques. Il vient, Il n’attend pas que nous soyons prêts, Il nous offre sa Confiance pour prendre le chemin qui mène à Lui et fait trouver des frères. Avoir l’audace de partir sans bien savoir, si ce n’est que nos logiques ne sont souvent pas celles de Dieu. Associer mystérieusement à notre marche tous ceux et celles avec lesquels nous compagnonnons car notre prière, notre vie de baptisé, est faite pour porter avec elle toute une  mosaïque de visages.

La pierre roulée, le tombeau ouvert, c’est travailler à la remise en lien, à la parole qui ouvre, au regard qui redonne confiance, à tout ce qui prend soin des relations au sein desquelles l’homme peut reprendre souffle et se découvrir porteur de ressources.

La pierre roulée, le tombeau ouvert, c’est vivre la réciprocité dans la relation, là où, les uns par les autres, nous nous révélons à nous-mêmes et où Dieu se révèle à nous.

La pierre roulée, le tombeau ouvert, c’est partager ce que la Parole nous souffle et c’est recevoir ce qui est parole de vie pour nous-mêmes dans l’expérience et la parole du frère.

La pierre roulée, le tombeau ouvert, c’est tourner les yeux vers l’à-venir de l’homme, c’est accueillir à quelle grandeur il est promis dans la relation trinitaire. C’est, aujourd’hui, orienter nos énergies de vie pour aider à épanouir, à « grandir » les personnes et les collectifs qui nous sont d’une manière ou d’une autre confiées.

La pierre roulée, le tombeau ouvert, c’est croire que toute impasse à vue humaine est promise à ouverture dans le cœur de Dieu. C’est œuvrer, là où nous sommes insérés, à ne pas ajouter de la noirceur à la noirceur mais tâcher d’en circonscrire l’étendue par la tendresse et la bonté, l’humilité et la douceur.

La pierre roulée, le tombeau ouvert, c’est se laisser empoigner par une folle espérance qui n’est pas seulement pour « après-la-mort » mais qui bouscule nos « à-quoi-bon ? » du moment et nous remet en selle pour faire fructifier ce que nous avons reçu, suivre ce que nous avons initié et vivre une fidélité inventive.

La pierre roulée, le tombeau ouvert, c’est regarder vers ce qui pointe à l’horizon et accueillir le temps de l’histoire. C’est apprendre à lire l’actualité, à comprendre notre temps et à nous situer dans les enjeux humains et sociétaux qui traversent nos professions et missions. C’est vouloir vivre en baptisés solidaires et responsables au milieu d’une société plurielle, en artisans de la rencontre.

La pierre roulée, le tombeau ouvert, c’est repérer ces modestes choses à soutenir, ces petits endroits où se tenir, dans la Foi et dans la Joie, d’un nouveau chemin toujours possible. Là où ce n’est parfois qu’entrouvert, oser glisser humblement un regard, un mot, un geste.

La pierre roulée, le tombeau ouvert, c’est la Vie qui peut circuler à nouveau par un entrebâillement, parfois celui de la vulnérabilité.

La pierre roulée, le tombeau ouvert, c’est un mystère à demander et à accueillir, à vivre et à partager, au cœur de la réalité humaine, où le Christ nous précède et nous appelle.

La pierre roulée, le tombeau ouvert, c’est un chemin, où s’associer avec quelques autres avec qui se partage une même foi en Dieu qui ouvre sans cesse, pour l’homme… C’est un chemin, où s’associer aussi avec tout autre avec qui se partage une même confiance en l’homme, de mêmes valeurs quant à la vie humaine, qu’elles se réfèrent ou non à Dieu…

La pierre roulée, le tombeau ouvert, c’est le recueil et l’offrande de nos petites pierres déjà roulées ou encore à rouler, le recueil et l’offrande des petites ou grandes ouvertures comme fermetures…

La pierre roulée, le tombeau  ouvert, c’est

Une spiritualité en partage

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Trois ans après la fondation, ce texte cherche à préciser l’« architecture » de la spiritualité de La Pierre Roulée. Il vient en complément des autres textes de référence : la charte, les statuts, la prière, le texte « Evocation de la Pierre Roulée ». Ce n’est pas un «aboutissement» ; c’est une précision de la source qui nous fait vivre et qui est sans cesse à creuser et à mettre à jour.
  1. Découvrir la spiritualité de la Pierre Roulée

La pierre roulée ouvre sur un tombeau vide. Qui était dans le tombeau et n’y est plus ?

• Une spiritualité qui se fonde sur Jésus le Ressuscité

L’associé de la Pierre Roulée se nourrit de la contemplation de Jésus le Christ, l’homme de Nazareth, mort sur le Golgotha et ressuscité au matin de Pâques : Il n’est plus au tombeau, Il est ressuscité, Il nous précède et attend chacun aujourd’hui sur les routes du monde.
L’associé met l’accent sur la personne de Jésus le Christ, Chemin vers le Père, Chemin vers les frères et sœurs en humanité. Par Lui, toutes les choses de la terre peuvent être vécues dans l’horizon de la Résurrection.
Le temps des hommes est déjà baigné d’éternité.

Christ Ressuscité nous appelle à sortir de nos tombeaux et à nous tenir en dynamique de vie.

• Une spiritualité pour déployer le sacrement du baptême

Quel que soit son état de vie : laïc, diacre ou prêtre, marié ou célibataire, l’associé souhaite vivre de l’actualisation sans cesse renouvelée du sacrement de son baptême.
Il n’est plus l’heure de rester au tombeau. Le Dieu de la Vie a roulé la pierre. Il appelle chacun à sortir des ténèbres et à vivre en avant, en ouverture, à la suite du Christ Ressuscité.
Les associés se confortent les uns les autres pour vivre du souffle de la Résurrection, pour entrer en nouveauté de vie, se libérer des peurs qui emprisonnent, accueillir la paix et insuffler un esprit d’audace.

Le Ressuscité vit de relation trinitaire et se laisse reconnaître au cœur des relations humaines. Rien, ni personne, ne le contient, ni ne le possède.

• Une spiritualité à vivre au cœur de la relation

L’évènement de la mort et de la résurrection du Christ révèle que Dieu est Vie, qu’il est Amour et qu’il est Relation.
Nos vies relationnelles, nos manières d’être en relation à l’échelle interpersonnelle ou collective, concentrent des enjeux vitaux pour les personnes que nous sommes.
Elles sont encombrées par l’existence de pierres qui séparent, bouchent le passage et réduisent la vie humaine.
L’associé décide de porter une attention particulière à sa manière d’être en relation.
Avec les autres associés, il approfondit le sens humain et spirituel des mots qui disent la relation pour en déployer la portée évangélique et l’incarner dans sa vie.

« Allez ! Il vous précède en Galilée. C’est là que vous le verrez. »

• Une spiritualité pour approfondir les axes de l’ouverture et de la réciprocité

L’associé vise l’ouverture à la vie de ce monde pour contribuer à sa réussite. Il guette les signes de résurrection à l’œuvre dans le monde et dans la vie des personnes.
Il vit de réciprocité. Il s’attache à vivre de ce double mouvement intimement relié : se donner et se recevoir.
Sans qu’elles le sachent et sans qu’elles s’en doutent, l’associé reçoit des personnes rencontrées, des messages accueillis comme des « cadeaux de Dieu ». A partir de la relecture, il les relie entre eux et les relit comme une Parole de Dieu adressée à lui-même et à plus large. Il partage ses découvertes avec les autres associés.

Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

• Une spiritualité ancrée dans l’ordinaire du chemin

L’associé vit avec des gens ordinaires, au milieu des vies ordinaires souvent empruntes de fragilité.
Il est attentif au tissu relationnel qui porte, supporte, motive son existence.
Il travaille à la cohérence entre ce qu’il dit, ce qu’il croit et ce qu’il fait.

       2. Vivre de la spiritualité de la Pierre Roulée

Habité de l’Esprit du Ressuscité, l’associé cherche à être ferment. Il prend appui sur Christ ferment de Vie et s’en nourrit. Il s’exerce plus particulièrement à :

• « être ferment d’ouverture »
  • Choisir d’ouvrir ou de réouvrir toute situation fermée, bloquée pour ce qui dépend de soi ;
  • Travailler la confiance qui ouvre des chemins de vie et d’audace ;
  • Libérer de l’enfermement, rendre possible, tenir une espérance, aller de l’avant.
• « être ferment de relation »
  • Mettre en relation des personnes chaque fois que c’est possible ;
  • Soigner tout ce qui aide à la mise en relation ;
  • Travailler à former un tissu de relations porteuses de vie et d’avenir.
• « être ferment de gratuité »
  • Se tenir dans une recherche de disponibilité,
  • Etre en simplicité de relation et se réjouir d’être ensemble,
  • Se libérer de l’esprit de calcul.
• « être ferment de réciprocité »
  • Valoriser les personnes et ce dont elles sont porteuses qui est bon à recevoir et à connaître ;
  • Se laisser connaître et approcher avec ses pleins et ses creux ;
  • Etre à parité et en égalité d’être.

Ce sont autant d’attitudes à déployer, à intérioriser, à vivre dans l’Esprit du Ressuscité, par tout associé.

       3. Creuser une spiritualité commune

Une spiritualité partagée est avant tout une communauté de visée : vivre d’un esprit commun et se disposer avant toute chose, avant toute action à mener et au-delà d’elle, à approfondir en soi-même, et entre les personnes associées, une intimité avec Jésus le Christ et son Evangile.

Pour eux-mêmes et pour le bien de l’Eglise, les associés entendent un appel. Ils cherchent à vivre d’un Souffle dont nul ne sait « d’où il vient, ni où il va ». Par nature, il dépasse les structures qui, dans leur logique interne, cherchent à fixer les choses et à les encadrer. Par leur vie, ils visent à la diffusion d’un esprit, avant tout souci de structuration. Les associés ont une source commune, non une manière de faire commune

Avant de pouvoir, peut-être, un jour, parler du Christ à leurs contemporains, les associés croient qu’ils ont à être témoins du Christ, là où ils se trouvent. Leur personne devient témoin d’un Autre. Ceci n’est jamais achevé.

Au sein des valeurs humaines ils contribuent à épanouir la vie humaine, à l’ouvrir de l’intérieur vers plus grand qu’elle-même, à lui donner toute son amplitude. Le faisant, ils vivent spirituellement du Christ.