Étiquette : Rencontre

Faire de l’espace en nos vies…

Faire de l’espace en nos vies…

Tel un brouillard qui se déchire
Et laisse émerger une cime,
Ce jour nous découvre, indicible,
Un autre jour, que l’on devine…

Vienne l’Esprit pour nous apprendre
À voir dans ce jour qui s’avance
L’espace où mûrit notre attente
Du jour de Dieu, notre espérance.

CFC (Frère Pierre-Yves), CNPL

Espace de contemplation goûté en ce début d’année,

Espace de gratuité précieux pour renouveler un espace intérieur,

Espace où ombre et lumière se mêlent comme en chacune de nos vies,

Espace pour laisser monter l’action grâce en nos cœurs,

Espace où murit notre attente… et notre Espérance,

Pour accueillir le jour que Dieu nous donne.

Puissions-nous faire de l’espace en nos vies

pour nous tenir en attention à la Rencontre et à la Vie qui se donne !

Elisabeth, janvier 2026

« Etends la main… »

« Etends la main… »

« Jésus entra de nouveau dans la synagogue ; il y avait là un homme dont la main était atrophiée. On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat. C’était afin de pouvoir l’accuser. Il dit à l’homme qui avait la main atrophiée : « Lève-toi, viens au milieu. » Et s’adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? » Mais eux se taisaient. Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leurs cœurs, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il l’étendit, et sa main redevint normale. Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil avec les partisans d’Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr ».

Marc 3, 1-6

En posant un regard bienveillant sur cet homme,
en mettant en lumière cet homme au milieu de l’assemblée,
c’est peut-être ce que Jésus aimerait pouvoir vivre avec tous ces gens présents dans la synagogue.

Tendre la main
Etre en relation
Faire du lien

Peut-être, avons-nous pensé aussi que « Jésus joue la provoc’ », provocation en posant un regard de colère : il dit à l’homme : « Etends la main  ! »… Après cela, « ils cherchèrent comment le faire périr ».

Il me semble surtout que Jésus souhaite simplement remettre les choses, les gens et, sans doute, les liens à leur juste place.
La loi n’est pas une aliénation, elle est là pour un bien vivre ensemble,
un vivre ensemble où nous sommes sans cesse invité à passer de la suspicion à la bienveillance et à porter un regard de confiance pour entrer en relation.

Ce n’est pas forcément si simple….

fraternité

Sur la porte du bureau de l’aumônerie, nous avons affiché ce petit dessin découpé sur une affiche d’ATD, et aujourd’hui, j’ai eu envie de faire un lien avec l’Evangile de ce jour.

Jésus nous guéri de nos infirmités pour que nous soyons en capacité de tendre la main, de créer des ponts, de tisser des liens.

Se laisser habiter par ce regard bienveillant pour être en disponibilité de rencontre.

Sortir de nos vases clos et nous mettre concrètement à bâtir cette fraternité.

Ce n’est pas sans risque d’entrer en relation, d’aller à la rencontre… On peut en sortir changé, transformé, impliqué, responsable…

Dimanche dernier, nous étions invités à prier pour les migrants.

Demain commence la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens…

Autant d’initiatives et de gestes d’accueil auxquels nous sommes appelés et que nous avons à inventer pour nous tenir dans l’ouverture.

« Viens à nouveau sur nos chemins, toi, le Seigneur qui peut guérir.
Dis-nous un mot, tends-nous la main, nos corps blessés vont refleurir ».

Elisabeth, 17 janvier 2018

Être attendu ailleurs

Être attendu ailleurs

« Je m’inquiète pour toi ».

J’ai entendu cette parole lors d’une rencontre. Elle avait été dite à un homme migrant. En la recevant, il a été ému aux larmes : « Depuis que j’ai quitté mon pays, personne ne m’a dit « Je m’inquiète pour toi ».

Celui qui rapportait cette parole a ajouté : « Je m’inquiète pour toi, c’est le cœur de la vie du disciple ».

Cette parole me rejoint dans l’expérience de m’inquiéter pour quelqu’un, que ce soit en le lui disant ou en partageant avec d’autres mon inquiétude pour tenter de comprendre, de m’ajuster, de chercher le geste et la présence adaptés.

Elle m’en a fait revenir une autre, entendue lors d’une formation : « Ne reste pas là ! ».

Le formateur, touché, l’avait entendue dans un film sur une institution accueillant des enfants autistes. Quand ceux-ci commencent à se balancer, à entrer dans leurs stéréotypies, les soignants les appellent en leur disant : « Viens, ne reste pas là ; viens avec nous ». Le formateur soulignait qu’ainsi les soignants les tirent ; ils vont les chercher pour les réintroduire dans la réciprocité de la relation. Ainsi ils soutiennent leur désir.

« Viens là, ne reste pas enfermé en toi-même, sors ! ».

Et, ajoutait-il, cela s’adresse aussi à nous. « Sors de là X » disait-il en se nommant.

Je me suis reconnue là encore. Tour à tour, d’autres pour moi et moi pour d’autres, nous avons signifié à l’adresse de quelqu’un ou reçu pour nous-mêmes : « Reviens sur le chemin avec nous ! ». Et cela me parle de la vie fraternelle au sens large, dans les différents réseaux de nos vies, travail, famille, amis…

Deux paroles au cœur de la vie du disciple : « Je m’inquiète pour toi », le dire fait reprendre le lien. C’est une façon d’aller chercher l’autre et de contribuer à ce qu’il ne se coupe pas de la relation.

« Je m’inquiétais parce que le fil de la relation entre nous devenait ténu ; alors viens avec nous ! ».

Relier ces deux paroles fait bonne nouvelle pour moi. Elles viennent me conforter pour tenir à jour ma liste de personnes pour lesquelles je désire assurer le suivi du lien, ne pas laisser perdre le fil du dialogue, le poursuivre, le reprendre, le nourrir.

Cette liste, contrairement aux apparences, n’est pas à sens unique. Faire signe aux personnes dont les noms sont inscrits me permet à moi aussi de rester ou de me remettre en chemin. C’est la réciprocité du « Ne reste pas là », l’expérience de « sortir », se sortir, s’en sortir les uns par les autres.

Ecrire cela me fait toucher aussi la souffrance ressentie quand je sens que, pour un proche, ce n’est pas bon pour lui qu’il reste là où il est, dans ses positions, et que je ne trouve pas comment lui signifier de ne pas rester « là ».

Au terme de ces lignes, je retourne dans l’Evangile contempler Jésus comme l’homme du « Ne reste pas là ». Tous ceux qu’il rencontre, il ne cesse de venir les chercher : la brebis perdue, Pierre reniant ou désirant le rejoindre sur les eaux, Zachée… Autant d’appuis pour garder la confiance qu’il peut me déplacer.

Nous sommes sur sa liste ! En faisant la nôtre, oui, nous le suivons sur le chemin, en disciple.

« Ne reste pas là », une autre façon d’entendre « en avant ! ».

Chantal