Être Marthe ou Marie : faut-il choisir ?

Être Marthe ou Marie : faut-il choisir ?

J’étais bien décidée à être Marie auprès de mon père pendant ces quelques jours passés en Dordogne : l’écouter, lire ce qu’il me demandait de lire et en parler avec lui… Etre disponible.

Mais il y a tant de choses à faire dans une maison avec jardin, tant de choses à faire en automne quand les pommes tombent et pourrissent si on ne les ramasse pas, si on ne les trie pas pour en faire de la compote…

Et ces « mauvaises » herbes qui n’en finissent pas de pousser malgré la sécheresse…

Et faire, c’est en fait toujours plus facile qu’être : être simplement là, à écouter, sans penser à tout ce qui est à faire.

La « pleine présence », simplement parce qu’il est bon d’être là auprès d’un vieil homme qui est son père, surtout lorsque le grand âge limite l’espérance de vie… Pas si facile dans la durée.

La « pleine présence » – à défaut de la vivre en étant toujours disponible auprès de mon père -, j’ai essayé de la vivre aussi en pelant les pommes, en désherbant les plates-bandes ou en marchant.

Peine perdue ! Mon imagination finissait toujours par dominer et m’entraîner là où je ne voulais pas aller et je n’étais plus présente à ce que je faisais.

Alors, j’ai convoqué telle ou tel, en pensant que c’était pour elle ou lui que je préparais la compote, que c’était pour elle ou lui que je soignais le jardin ou que je marchais. Ce n’était plus la tâche qui m’accaparait ou l’imagination qui me dissipait, mais la personne à aimer qui m’habitait.

C’est finalement dans une relation aimante qu’il est possible d’être Marie tout en étant pleinement à sa tâche. C’est la relation qui nous fait vivre, comme une source à désencombrer souvent mais qui, sans cesse, nous appelle à être là, à ne pas la négliger.

Il y a sans doute un temps pour être Marthe et un temps pour être Marie, en sachant que, quoi qu’on fasse, c’est dans la relation que l’on puise ce qui nous fait vivre.

Marie
Octobre 2018

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