Jérémie 18, 1-12
Je ne crois pas que le potier jette jamais le matériau que nous sommes.
Cette argile, c’est notre corps, notre psyché, notre histoire. Je crois qu’il recommence patiemment à la travailler chaque jour. Certaines fois nous sommes d’une passivité trop molle ; certaines autres fois, trop raides, résistants ou durcis ; ou bien pas assez pétris, granuleux, grossiers.
Je crois que le Potier-Dieu ne se décourage jamais avec personne. Il nous faut apprendre à regarder avec bienveillance ce que chaque jour a fait de nous, et nous remettre « en boule », comme une argile neuve entre les mains du Seigneur qui fera peut-être autre chose de nous si nous restons liés à Lui.
Il y a aussi l’œuvre de longue haleine que le Seigneur cherche à faire de chacun de nous. Plus mystérieuse, plus secrète, qui ne sera dévoilée qu’à la fin. Je crois que si chacun s’est appliqué à regarder le Christ, à l’aimer, à se laisser inspirer par son Évangile, chacun aura l’heureuse surprise de constater ensuite sur lui-même des traces de transformation et aura peut-être contribuer, avec la grâce de Dieu, à mettre en relief certains traits du visage du Christ. Et sur chacun, ce ne seront sans doute pas les mêmes.
Pour ma part, ce qui me touche du Christ et que j’aspire à refléter au dehors, c’est son accueil et son amour inconditionnel, sa patience infinie ; sa faculté de toujours croire en nous et son inventivité pour trouver les moyens de nous rejoindre, en allié, en compagnon sur nos chemin de vie. Ce que j’aspire à refléter aussi, c’est que sa puissance n’est pas celle de la force, mais au contraire, elle vient de l’acceptation de sa vulnérabilité, avec l’ouverture de cœur et la sortie des barrières protectrices qu’elle permet…
Si Dieu me demandait un jour mon avis, voilà ce que j’aimerais avoir un peu reflété du Christ.
Dans le passage du livre de Jérémie, le potier semble impatient et plus intransigeant, peut-être parce qu’il y a la notion du mal qui défigure et dégrade son œuvre. Image anthropomorphique de Dieu.
La colère ou la déception de Dieu (ou de Jésus dans les évangiles) ne résonne pas pour moi comme une condamnation définitive, mais comme une sorte de « secouade » ou d’électrochoc pour essayer d’obtenir de l’homme une prise de conscience et un changement d’attitude. Dans l’Évangile, Jésus ne se met jamais en colère devant un pauvre, un petit ou un faible, ni même devant un pêcheur, mais seulement devant l’hypocrisie. Sans doute parce qu’elle empêche toute remise en question de soi.
Il abaisse les puissants non dans le but de les faire tomber, mais avec l’espoir qu’ils comprennent où est leur juste place.
La vraie béatitude est d’être « en marche » sur ce chemin dont l’horizon nous échappe encore…
Nathalie, août 2026
















