Souffle de Pentecôte

Souffle de Pentecôte

Peut-être parce que j’ai été immergée quelques jours en pays étranger et que je me suis confrontée à la difficulté de parler et de me faire comprendre…

Peut-être parce qu’il m’est arrivé, comme à chacun d’entre nous, de buter sur des incompréhensions mutuelles…

Peut-être parce que j’étais la semaine dernière deux jours en formation sur l’écoute…

…je me suis arrêtée sur un article de Frédéric Boyer paru dans le quotidien La Croix du 6 juin 2019 : « Le don des langues » .

« Parler la langue de l’autre, même si peu, si maladroitement, c’était appeler à une communauté humaine manquante et désirée ».

Au cours de mon voyage à Lisbonne, le dernier jour, nous nous promenions dans les rues de l’Alfama, un vieux quartier où se préparait la fête de Saint Antoine qui a lieu toute la première quinzaine du mois de juin. Je désirai percevoir un peu mieux ce qui se préparait : tout le monde s’afférait dans les rues pour installer devant sa porte, un petit bar, un espace de convivialité…

Sur une petite place une femme âgée et son mari balayait une estrade. Ce désir de comprendre ce qui se tramait m’a invitée à m’adresser à elle, non en portugais (ni en anglais !), mais simplement en lui disant : « Bonjour ». De façon simple, nous avons entamé un dialogue. En quelle langue ? Je ne saurais dire… Elle a quand même fini par appeler son fils qui possédait quelques mots de français.

Ce petit échange modeste est resté pour moi gravé dans ma mémoire, d’abord pour l’audace pris de m’adresser à cette femme « même en français » et ensuite de partager un peu de ce qui mettait en action tous les habitants de ce quartier. Enseignement aussi de voir comment tout le monde s’y met et pas seulement le comité des fêtes ! J’ai simplement « éprouvé le désir de comprendre autrui et de me faire comprendre de lui ».

Chercher à rencontrer l’autre, à entrer en dialogue, voir en réciprocité, nous convoque à amorcer ce mouvement de « l’hospitalité que nous accordons à d’autres vies et d’autres paroles que nous ».

Risque pris de la parole adressée par de-là la peur, de se confronter à la différence, voire même d’être rejeté. Avancer dans la confiance sans crainte d’être renvoyé à notre propre solitude parce qu’il n’a pas été possible de rencontrer l’autre. C’est sans doute oser avancer dans ce souffle d’ouverture auquel nous invite le Souffle de Pentecôte.

«Apprendre la langue d’autrui ou traduire, c’est le mouvement même de la vie spirituelle : répondre au désir de se faire comprendre d’autrui et de le comprendre».

Chercher à comprendre l’autre, à entendre ce qu’il a me dire me semble être dans cette même dynamique. Au sortir de ma formation sur l’écoute, j’ai mieux perçu, qu’il y a toujours une part manquante de l’autre que nous ne pourrons jamais atteindre. Il y aura toujours quelque chose que je n’aurai pas entendu, mal compris. Mais ce dont je suis sûre, c’est que cette quête de comprendre l’autre s’enracine dans cet espace du Souffle créateur qui cherche à mettre en lien au cœur des différences.

Que le Souffle de Pentecôte nous habite !

Elisabeth
09/06/2019

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