« Consolez, consolez mon peuple – dit votre Dieu – parlez au cœur de Jérusalem… » (Isaïe 40, 1)
Pour le peuple d’Israël, c’est le temps de l’exil à Babylone, le temps de l’épreuve mais le second Isaïe (chapitres 40 à 55 ou Livre des consolations) annonce le salut prochain.
C’est quelques années après le temps de l’épreuve qu’Anne-Dauphine Julliand a écrit « Consolation » (Ed. Les Arènes, 2020). Anne-Dauphine Julliand, est la mère de deux petites filles mortes en très bas âge d’une maladie génétique rare dont elle parle dans ses deux premiers livres : « Deux petits pas sur le sable mouillé » (2011) et « Une journée particulière » (2013). Ces livres parlent de vies brisées et de vies réparées – réparation ne voulant pas dire retour à la situation antérieure –.
« La consolation ne restaure pas à l’identique ».
La période que nous vivons avec la pandémie de coronavirus fait vivre à chacun, selon des degrés et des modalités diverses, des épreuves trop lourdes pour être portées seul. Elles demandent d’être consolées pour continuer à vivre.
Consoler vient du latin consolari, de cum et solus, et se traduit par ‘rendre entier’, traduction reprise par Anne-Dauphine Julliand.
« La consolation a pour unique vocation de rendre entier, de réparer le cœur brisé, de réconcilier l’âme déchirée, de remettre debout le corps rompu. Consoler c’est réparer les vivants dans leur intégralité et leur intégrité. Et les réparer avec leur souffrance. C’est les rendre entiers avec leur vide, leur peur et leur manque… La consolation est un art qui embellit les fêlures de nos vies. »
Dans ce livre, d’autres phrases ont eu un écho en moi :
« La consolation est une histoire d’amour écrite à l’encre des larmes. C’est la rencontre de deux cœurs : un cœur qui souffre et un cœur qui s’ouvre. »
« Le premier pas consiste à s’approcher, tout simplement. » La difficulté c’est de trouver la juste proximité : « ce n’est pas la distance qui sépare les corps mais celle qui rapproche les cœurs. L’espace où s’épanouit la compassion… qui éclot chaque fois qu’un cœur brisé rencontre un cœur ouvert. »
« Il n’est jamais trop tard pour consoler. Il faut souvent percer plusieurs épaisseurs de douleurs accumulées pendant des années pour atteindre le cœur, mais il est toujours temps, tant que la vie demeure. La consolation demande de la patience, de la douceur. Et du temps. »
« Consoler, c’est accompagner celui qui peine, pour supporter les rigueurs de l’hiver et lui permettre de croire à la beauté du printemps… C’est l’inviter à trouver la paix intérieure. »
Anne-Dauphine Julliand témoigne très concrètement et simplement de ce qu’elle a vécu, reçu, donné mais aussi de l’expérience d’autres personnes. Tous sont des compagnons de route pour aujourd’hui.
Marie
