Le soir du 31 décembre, nous nous sommes mis en route sur les hauteurs, dans l’espoir d’admirer le coucher de soleil.
Il était là, perçant les nuages, brillant de « mille feu ».
Dernier coucher de soleil de l’année 2023…
Nous entrions dans la nuit du réveillon, avec une coupe de champagne à la main, au milieu des herbes sèches recouvertes de neige.
En contre-bas, deux chiens aux abois suivaient notre trace et précédaient leur maître, lui aussi en chemin vers la lumière.
Arrivant à notre hauteur, le jeune homme s’est vu offrir une coupe de réjouissances inespérée et l’a bue avec grande joie.
Les chiens qui étaient menaçants au loin s’étaient tus maintenant. Ils remuaient joyeusement la queue en nous tournant autour. Ils communiaient à leur façon à l’élargissement du cercle fraternel et mieux encore : au passage de la menace ou du rejet à la grâce de la rencontre !
Nous avons levé notre verre à l’amitié, à la beauté de la lumière, au passage de l’an nouveau et secrètement à cette promesse d’aube nouvelle lorsque l’ « étranger » devient « ami », « frère », « compagnon de cheminement » dans la quête de la clarté d’en haut…
Ce dimanche 7 janvier, nous fêtons l’Epiphanie du Seigneur :
« Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile » dit Paul dans sa Lettre aux Ephésiens (3,6)
Les mages viennent de loin, ils cheminent vers la lumière et avec elle ; « Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie ».
On connait assez bien le phénomène d’attraction de la Lune sur la Terre, mais de quelle attraction s’agit-il ici ?
C’est une attraction du cœur qui voudrait concerner tous les humains de cette Terre…
Elle n’est pas de l’ordre des lois de la physique, elle est soumise à bien des aléas et forces contraires. Il n’existe pour elle aucun contrat d’assurance ; elle est même assurée de ne jouir d’aucune stabilité ! Comme un lever de soleil recommencé chaque jour, il lui faut un « oui » prononcé chaque matin.
Mais si notre cœur est intermittent, l’attraction, elle, est éternelle !
Entendre, par-delà la fureur du monde et le désespoir qui nous prend parfois à la gorge (à regarder ce que l’humain peut faire à un autre humain), que Dieu en Jésus Christ nous cherche le premier, qu’il guette parmi le treillis le visage de chacun.e, toujours et encore sans se lasser. Il est d’une infinie patience, d’un amour irrépressible.
« Seigneur à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ! » (Jn 6, 68)
Par-delà le provisoire qui marque nos vies, nos corps et nos histoires, l’éternité d’une Présence aimante, appelante, nous est promise. Nous cheminons vers l’Etoile chaque fois qu’il y a dans ce « nous » le rejet de toute clôture et toujours de l’ouverture… Elle commence dans le secret du cœur et s’étend à l’immensité du ciel !
Laure, dimanche 7 janvier 2024, Fête de l’Epiphanie
