Il les prend,
Il nous prend
Dans son mouvement incessant
De montée.
Venir avec lui à l’écart
Laisser résonner l’appel.
Gravir dans ses pas, la montagne.
Et atteindre la cime,
Non pour dominer le monde,
Habiter nos vaines illusions,
Nos tentations de gloire,
Mais pour le contempler
Dans le regard de Dieu.
*
Monter en descendant
Au plus bas de nous-mêmes,
Avec Celui
Qui se joue des abîmes,
Des détours, des impasses.
Monter,
Non par nos propres forces,
Mais dans la cordée de l’ami
Qui devance nos pas.
*
Atteindre le sommet.
Au lieu de la prière,
Se tenir humblement.
Et là,
Sur la haute montagne
Embrasser l’horizon
Offert à nos regards.
Du Fils Bien aimé,
Lumière éblouissante
Que nulle ténèbre
Ne saurait arrêter,
Buisson ardent
Que rien ne consume.
Le voir, face à face
Sans y perdre la vue.
*
Et dans ce même temps,
Désormais aboli,
Coudre la reliure
Du neuf et de l’ancien.
À livre ouvert, entendre
Dans cette insolite dialogue
Le fin silence
De la voix du Père.
Écouter cœur à cœur
Le battement du Fils
S’y accorder.
*
Transfigurés désormais
Par le secret divin,
Jésus seul,
Nous tient.
Se taire,
Car pas plus que de tentes
Où demeurer,
Il n’est besoin de discours
Pour annoncer.
*
Puis redescendre,
Silencieusement
Là où il nous devance
Toujours
Unique paysage
Qui embrasse l’instant,
Se donne à voir et entendre
Au quotidien des jours,
En tout visage
En tout l’humain
Lui seul,
À perte d’être.
Sr Colette Hamza, xavière, mars 2025

