Transfiguration (Luc 9, 28b-36)

Transfiguration (Luc 9, 28b-36)

Il les prend,

Il nous prend

Dans son mouvement incessant

De montée.

Venir avec lui à l’écart

Laisser résonner l’appel.

Gravir dans ses pas, la montagne.

Et atteindre la cime,

Non pour dominer le monde,

Habiter nos vaines illusions,

Nos tentations de gloire, 

Mais pour le contempler 

Dans le regard de Dieu.

*

Monter en descendant 

Au plus bas de nous-mêmes, 

Avec Celui 

Qui se joue des abîmes, 

Des détours, des impasses. 

Monter,

Non par nos propres forces, 

Mais dans la cordée de l’ami 

Qui devance nos pas.

*

Atteindre le sommet. 

Au lieu de la prière, 

Se tenir humblement. 

Et là,

Sur la haute montagne

Embrasser l’horizon

Offert à nos regards.

Contempler le Visage

Du Fils Bien aimé,

Lumière éblouissante

Que nulle ténèbre

Ne saurait arrêter,

Buisson ardent

Que rien ne consume. 

Le voir, face à face 

Sans y perdre la vue.

*

Et dans ce même temps,

Désormais aboli,

Coudre la reliure 

Du neuf et de l’ancien.

À livre ouvert, entendre 

Dans cette insolite dialogue

Le fin silence

De la voix du Père.

Écouter cœur à cœur 

Le battement du Fils 

S’y accorder. 

*

Transfigurés désormais 

Par le secret divin,

Jésus seul,

Nous tient. 

Se taire,

Car pas plus que de tentes

Où demeurer,

Il n’est besoin de discours 

Pour annoncer. 

*

Puis redescendre,

Silencieusement

Là où il nous devance

Toujours

Unique paysage 

Qui embrasse l’instant,

Se donne à voir et entendre

Au quotidien des jours,

En tout visage 

En tout l’humain 

Lui seul, 

À perte d’être. 

Sr Colette Hamza, xavière, mars 2025

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