Auteur : La Pierre Roulée

Le pèlerinage ou comment se rapprocher de Dieu

Le pèlerinage ou comment se rapprocher de Dieu

Quand j’entends le mot « pèlerinage », me viennent immédiatement à l’esprit des images diverses et diversifiées. Il y a d’abord le pèlerinage diocésain à Lourdes, découvert dans les années 80 à travers l’accompagnement des enfants malades, auquel je me dois d’ajouter la multitude des pèlerinages mariaux : La Salette, Fatima, Fourvière, Notre-Dame-de-la-Garde… Puis ce sont les pèlerinages dans les hauts-lieux du christianisme, catholiques en particulier : Terre sainte, Rome, Assise, « sur les pas » de Saint-Paul ou de Charles de Foucauld, Chartres, Ars-sur-Formans…, avec un traitement tout particulier pour celui qui draine aujourd’hui des gens du monde entier et de toutes croyances : Saint Jacques de Compostelle. Enfin, je pense à ceux d’autres traditions comme celui de La Mecque (Arabie saoudite), cher au cœur des musulmans, ou de l’ile de Shikoku (Japon), propre au bouddhisme Shingon.

Le pèlerinage n’est donc pas propre à une religion. Certains lieux de pèlerinage sont même des « lieux partagés » comme l’a si bien rappelé l’exposition « Il était trois fois… Lieux saints partagés. L’exposition où se croisent trois religions » présentée à Marseille et Paris . Il en est ainsi en France, depuis 1954, du pèlerinage à la chapelle des Sept-Saints dans la commune du Vieux-Marché (Côtes-d’Armor) pour honorer la mémoire des Sept Dormants d’Éphèse.

Mais qu’est-ce un pèlerinage ? Le site de la Conférence des évêques de France le définit ainsi : « Démarche personnelle ou collective que font les fidèles vers un lieu saint pour des motivations religieuses et dans un esprit de foi ».

Le pèlerin chrétien s’inscrit en fait dans une longue tradition biblique où, à l’écoute de la Parole de Dieu, le croyant accepte de partir de chez lui, de se mettre en mouvement, d’aller de l’avant pour se rendre en un lieu où Dieu lui a donné rendez-vous pour le rencontrer .

Ainsi de la Terre Promise évoquée en Genèse 12, 1-3 :

« Le Seigneur dit à Abram : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai grand ton nom, et tu deviendras une bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront ; celui qui te maudira, je le réprouverai. En toi seront bénies toutes les familles de la terre ».

Il y a aussi la « Demeure » de Dieu, le « Tabernacle », la « Tente d’Assignation », la « Tente de la Rencontre », où est déposée l’Arche d’Alliance (Exode 26-27) et vers laquelle se rend le peuple hébreu.

Dans le Nouveau Testament, le pèlerinage le plus évoqué est celui qui mène au Temple de Jérusalem où Jésus rend pour la Pâque juive (Jean 2, 13, 5,1 et 12, 13s) avec, pour cette dernière référence, le rappel du nomadisme au désert marqué par la fête de Sukkôt – ou des Tentes, tel que la chante le Ps 117 (118) : rameaux en main, la foule s’approche dans la liesse, jusqu’aux « cornes de l’autel ».

Partir en pèlerinage passe donc par une mise en situation personnelle, seul ou avec d’autres. Celle-ci passe toujours par une attitude intérieure en harmonie avec la spiritualité du lieu visité. Recherchant le silence intérieur, le pèlerin fait taire en lui tout ce qui viendrait encombrer sa vie spirituelle. Il permet à Dieu de s’adresser à lui comme « le bruit d’une brise légère » (cf. 1 R 19).

La démarche de pèlerinage est aussi marquée par des signes et des rites spécifiques. Question signes, le pèlerin pourra avoir un vêtement particulier ou quelques objets singuliers. Ainsi lit-on cette bénédiction dans le Codex Calixtinus, manuscrit du XIIe siècle conservé à Compostelle : « Reçois cette besace, insigne de ton pèlerinage, afin que tu mérites de parvenir à la maison de saint Jacques où tu veux te rendre… Reçois ce bourdon, réconfort contre la fatigue de la marche dans la voie de ton pèlerinage, afin que tu puisses parvenir en toute tranquillité au sanctuaire de saint Jacques…». Il s’en retournera ensuite chez lui avec la fameuse coquille dont la forme rappelle celle de la main, et que les jacquets ramassent sur la grève pour la coudre à leur chapeau, en signe de leur pérégrination.

Quant aux rites, ils sont divers. A Lourdes, le pèlerin aura à cœur d’aller prier à la grotte où la Vierge Marie apparut à Sainte Bernadette, de participer en soirée à la procession à la lueur des cierges de dévotion et de se rendre aux piscines où il sera plongé dans l’eau glacée de la source miraculeuse pour obtenir, à défaut d’une guérison physique, une conversion du cœur et une purification de son être.

Tout cela montre bien que la visée du pèlerin chrétien est de vivre une transformation intérieure et une rencontre avec Dieu qui passe par la personne même du Christ.

N’est-ce pas ce que nous rappelle Grégoire de Nysse, théologien grec de la seconde moitié du IVe siècle, qui insistait sur l’importance qu’il y a pour le fidèle de « se porter en avant » car « de notre mobilité même, Dieu fait un associé de notre ascension, de notre course à la perfection. Perfection qui n’a d’autre limite que celle de n’en avoir pas » ?

En suivant le Christ, en se plaçant dans sa foulée, il se met en route vers Dieu. « Ainsi Moïse qui brûlait de voir la face de Dieu, apprend-il comment on voit Dieu : suivre Dieu partout où il mène, cela même c’est voir Dieu. Qui suit ne peut quitter le bon chemin tant qu’il voit le dos du guide. Qui, par contre, se transporte sur le côté ou se met face au guide, celui-là invente une route à son gré, non pas celle que lui indique son guide. C’est pour cela que Dieu dit à celui qui le suit : Tu ne verras pas ma face. Il veut dire : ne t’oppose pas à celui qui te conduit » (Grégoire de Nysse, Vie de Moïse, II, 252-253).

Vincent Feroldi

Se refaire une santé

Se refaire une santé

L’infirmière est là, dans la chambre. C. me fait entrer et veut que je reste pendant l’entretien.

« Madame, arrêtez de vous faire du souci pour votre mari. On s’en occupe. Vous, vous avez besoin de vous refaire une santé. »

« Oui, je suis très fatiguée, mais à mon âge et avec ce que j’ai, on ne refait rien ; on ne fait même rien du tout. »

« Faites-nous confiance… »

Il y a beaucoup de professionnalisme et de bonté chez cette infirmière.

L’expression qui a retenu mon attention est « se refaire une santé ».

Evidemment, lorsqu’elle a été altérée, il n’y a pas de retour en arrière, quels que soient l’âge et la maladie. C’est comme « renaître d’en-haut » : sans rien refuser, sans vouloir abolir la maladie et le vieillissement, découvrir la nouveauté d’aujourd’hui, les ressources, les encore possibles.

Une fois l’infirmière partie, C. me dit : « Aidez-moi à me souvenir des belles choses que nous avons vécues ensemble. Cela m’aide d’en parler ; je ne voudrais pas oublier. Il y a eu tellement de belles choses ! »

Alors je lui raconte mais je lui demande aussi de me parler des belles choses d’aujourd’hui. Après un moment de silence, elle me dit : « Je crois que mon mari est amoureux de moi » et elle me donne quelques exemples d’une plus grande attention à elle, de gestes de tendresse… C’est nouveau pour elle.

En la regardant, je comprends ce que veut dire « se refaire une santé » ou « renaître d’en-haut ». Son visage s’éclaire, je la sens soudain heureuse de cette découverte – une relation nouvelle comme une renaissance.

« Se refaire une santé », c’est comme « être rappelé à la vie, à ce qui fait sens dans la vie, pour devenir vraiment vivant » (Yan Plantier).

J’accueille ce qui vient de se passer comme une lumière dans l’obscurité, une pierre qui a roulé et ouvert un chemin de vie. Je suis heureuse avec elle et je lui dis merci.

Marie

Tenir parole

Tenir parole

« Tu es incapable de tenir parole »

Alors que je marchais, au milieu des flâneurs, par cette chaude après-midi, rue de la Ré, cette phrase s’est envolée, brutale, et je l’ai recueillie. Elle était adressée par une jeune femme à son compagnon.

« Tu es incapable de tenir parole »

Y a-t-il eu promesse non tenue, accroc dans l’engagement voire infidélité ? J’entends comme un sentiment de trahison dans la voix de cette femme en colère.

Ne connaissant pas leur histoire, je m’interroge par rapport à moi-même : quand ai-je été incapable de tenir parole ? Par exemple quand je me suis engagée à écrire chaque jour pendant les vacances et que, certains jours, j’avais mieux à faire…

Lorsqu’une parole n’est pas tenue, est-ce parce que l’engagement était au-delà des moyens, des ressources, mal calculé, une sorte de défi par rapport à soi-même ? Est-ce parce que le cœur ou la confiance n’y était pas, comme une parole en l’air ? Est-ce parce que la persévérance au quotidien aurait demandé à être soutenue ?

Pour « tenir » parole on a parfois besoin de témoins qui aident à relire l’engagement pris, à en retrouver le sens, à le réajuster si besoin pour qu’il devienne un nouveau commencement, une nouvelle mise en chemin.

Tenir parole pour des broutilles est un bon exercice pour tenir parole lorsque la relation à soi, aux autres, à Dieu, est en jeu. Et elle l’est puisque promettre est de l’ordre de la relation – « dire je promets c’est dire je te promets » (P. Ricoeur). Je suis responsable de ma parole vis-à-vis d’autrui.

Les priorités que nous nous sommes données à la Pierre Roulée – la relecture et, si possible, l’écriture en font partie – nous engagent les uns vis-à-vis des autres et cet engagement commun, allié au souffle de l’Esprit, est notre meilleur soutien pour « tenir parole ».

Marie

Un appel, une réponse

Un appel, une réponse

« En ce temps là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux » (Marc 6, 7-8)

Peut-on vivre sans appel ?

Y a-t-il un appel pour nous qui écoutons ?

Appel, comme une invitation à se convertir, à faire confiance. Appel à accueillir une autre réalité que l’évidence biologique, consumériste. Faire confiance au vivant qui ne se prévoit pas, ne se programme pas, ne se procédure pas. Faire confiance à une transcendance au cœur de notre vie humaine. Une vie Vivante, malgré la mort et l’absurde.

Appel comme ouverture à la conversion écologique de Laudato Si (cf. chap. III) : Dieu nous a unis si étroitement au monde qui nous entoure… Nous et tous les êtres de l’univers sommes unis par des liens invisibles.

Appel comme une invitation à nous mettre en mouvement, à prendre des risques sur une parole, au cœur du lieu où nous vivons, pas ailleurs. Comme ces pêcheurs de Galilée.

Aller de l’avant et ouvrir des chemins de vie. Entendre les défis liés aux menaces et dangers politiques, éthiques, économiques, écologiques. Entendre, veiller, agir avec d’autres.

Appel à quitter la barque rassurante. Appel à constituer une autre fratrie, fratrie nouvelle, communauté de parole hors des jalousies mortifères. Eglise bâtie sur le lien symbolique.

L’appel a des effets de vie

Les appels religieux, politiques participent souvent à la violence, à la division. L’histoire de nos communautés chrétiennes n’est pas exemplaire. Je crois encore et encore que l’appel et la réponse en réciprocité peuvent faire naître la possibilité de la fraternité. Dans la réponse non pas à une mission, mais à la voix du Christ qui m’appelle par mon nom, qui nous appelle de par le monde, chacune et chacun par notre nom.

Nous avons à faire effort aujourd’hui pour traduire l’appel et la réponse telle que nous la portons : confrontation avec les représentations intellectuelles et religieuses du monde, confrontation aux multiples grilles de lecture, à ce qui peut nous sembler enfermement.

L’Ecriture comme référent

La relecture, travail de compréhension, apprentissage de la communication entre nous, femmes et hommes d’aujourd’hui, la mise en relation, l’écoute, l’écriture, sont des clefs pour trouver un chemin de compréhension et d’échange.

Cette semaine, nous avions avec nous Sarah, 7 ans, et Matilda, 6 ans. La contemplation de la nature et des étoiles qui nous approchent de ce que Sarah nomme infini, le silence, vécu ensemble pour s’écouter ensuite, sont des chemins de beauté donnant place à l’être vivant en lien avec le monde et les hommes. La « maison commune » est une médiation plus simple que d’autres pour moi.

Je termine cette écriture par la joie tranquille : « Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour ; la bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse pour toutes ses œuvres ».

Nous qui écoutons, ouvrons nos oreilles pour l’entendre !

Geneviève

Tiens-nous dans la confiance !

Tiens-nous dans la confiance !

Une rencontre au marché. On échange des nouvelles. Sur les enfants. Sur le mari : « Il m’a quittée » et, tout de go, « L’amour est une illusion. J’y ai cru, j’ai voulu y croire, je n’y crois plus ».

Sans transition, elle ajoute : « En fait, j’ai très envie d’y croire à nouveau car j’ai rencontré quelqu’un ».

Lorsque son mari l’a quittée, elle a perdu confiance en elle, pensant qu’elle n’était pas « aimable » et ne serait plus capable d’aimer un homme. Mais, parce qu’elle a lu dans le regard de « quelqu’un » qu’elle était « aimable », elle a voulu y croire.

Croire que l’amour est possible, malgré tout, donne de l’énergie et de la force pour y croire à nouveau et à nouveau aimer.

Une amie m’a prêté un livre de Laurent Gounelle : L’homme qui voulait être heureux. Ce que l’on croit peut devenir réalité (Pocket, 2010, 192 p.). En le feuilletant, je lis : « Quand on est convaincu d’une chose, elle devient la réalité, notre réalité » – en positif ou en négatif.

Croire que l’on est aimable nous rend aimable.

Croire que l’autre est aimable nous le fait aimer.

Je ne sais pas si cela s’appelle de la persuasion ou de la confiance, mais je crois que, sans confiance en soi et en l’autre, l’amour n’est pas possible.

Ce qui me console parfois, c’est de penser que Dieu croit que nous sommes aimables. Il ne se laisse pas rebuter par nos imperfections comme, nous-mêmes, nous nous laissons rebuter par celles des autres et par les nôtres.

Alors, nous suffit-il de croire Dieu pour devenir aimables et aimants ? Je veux le croire.
Mais que d’obstacles, de pierres à rouler, parfois de petits grains de sable…

Je crois qu’il n’est pas trop de dire chaque jour : « Tiens-nous dans la confiance ! Que ton Esprit soutienne en chacun l’initiative de l’amour qui ne se lasse pas, ne se décourage pas ».

Marie

L’envoi en mission

L’envoi en mission

En la fête de Timothée et Tite, était proposé le passage d’Evangile dit de « l’envoi en mission des soixante-douze disciples » (Luc 10, 1-9).

Simple mise en mots et partage de quelques petits échos, non sans résonnances en moi avec les réalités de nos vies et la spiritualité de la Pierre Roulée.

L’envoi des disciples par le Seigneur…
Parmi d’autres, 72 sont désignés et envoyés.
Aucun n’est jamais seul pour cet envoi en mission.
Et c’est là où Lui-même va se rendre qu’ils sont envoyés.

Prier et aller,
En toute ville et localité,
Pour la moisson,
Au milieu des loups,
Sans rien emporter,
En chemin,
Entrer et rester,
Dans toute maison,
Dans toute ville,
Autour des tables où partager ce qui est servi,
Près des malades que se trouvent là à guérir…

Il semblerait qu’il n’y ait pas de lieu réservé, pas d’action prédéfinie, pour l’envoi…
Peut-être parce qu’il n’y a pas de lieu duquel le règne de Dieu ne s’approche pas !?
Et la mission ne serait pas ailleurs que là où La Relation et les relations appellent !?
Répondre, chacun et ensemble, à cet appel, ce serait « ça » la mission du disciple !?

Vivre simplement et réciproquement, l’ouverture, la rencontre, l’accueil, la proximité, le partage,
En compagnonnage avec des frères-sœurs, inventer des mots et des gestes, des présences,
Au cœur de notre humanité, dans le mouvement de la vie, qui déplace et oriente le chemin,
Pour un humble être au monde, dans sa réalité, qui porte un message.

Paix a cette maison

Là où nous sommes envoyés, là où nous irons,
Là où nous découvrirons que nous avons à œuvrer, d’abord dans un être avec,
Là où nous entendrons et dirons quelque chose de la proximité du règne de Dieu,
Là où nous la vivrons-partagerons, en réciprocité avec d’autres, non sans Lui et sa Paix…

« Dans la réciprocité de la relation, avec Toi et ceux que je rencontre… »

Cécile, 28 janvier 2018

Aimer… Juste, aimer…

Aimer… Juste, aimer…

Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. « Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ».

Matthieu 5, 43-48

Dans l’Evangile de ce jour, c’est avec force et résonnance particulière que j’ai réentendu ce commandement de Jésus, à savoir d’aimer…

Aimer… juste aimer…
Aimer et prier, sans distinction parmi ses prochains et leurs réalités, jusqu’à ses ennemis et persécuteurs…
Aimer et prier ainsi, parfaitement, comme le Père des cieux, avec tous et chacun… les méchants et les bons, les justes et les injustes…
Aimer et prier comme fils-filles de ce Père…
Aimer et prier comme Le Fils…

Programme un peu crucifiant !?
Qui semble difficile-impossible à vue-vie humaine !?
Mais peut-être envisageable-réalisable à vue-vie divine !?
Dans la rencontre et le tissage des deux dimensions, humble chemin de foi et de conversion, pas à pas…
Dans l’amour et la prière du Christ, recevable par-avec-dans son don et sa grâce, son Esprit…

Que ton Esprit soutienne en chacun l’initiative de l’amour qui ne se lasse pas, ne se décourage pas…

Aimer… juste aimer…

Florent Pagny chante ça aussi…
Vous devez connaître…

Savoir aimer
Sans rien attendre en retour,
Ni égard, ni grand amour,
Pas même l’espoir d’être aimé…

Cécile, 24 février 2018

« Etends la main… »

« Etends la main… »

« Jésus entra de nouveau dans la synagogue ; il y avait là un homme dont la main était atrophiée. On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat. C’était afin de pouvoir l’accuser. Il dit à l’homme qui avait la main atrophiée : « Lève-toi, viens au milieu. » Et s’adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? » Mais eux se taisaient. Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leurs cœurs, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il l’étendit, et sa main redevint normale. Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil avec les partisans d’Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr ».

Marc 3, 1-6

En posant un regard bienveillant sur cet homme,
en mettant en lumière cet homme au milieu de l’assemblée,
c’est peut-être ce que Jésus aimerait pouvoir vivre avec tous ces gens présents dans la synagogue.

Tendre la main
Etre en relation
Faire du lien

Peut-être, avons-nous pensé aussi que « Jésus joue la provoc’ », provocation en posant un regard de colère : il dit à l’homme : « Etends la main  ! »… Après cela, « ils cherchèrent comment le faire périr ».

Il me semble surtout que Jésus souhaite simplement remettre les choses, les gens et, sans doute, les liens à leur juste place.
La loi n’est pas une aliénation, elle est là pour un bien vivre ensemble,
un vivre ensemble où nous sommes sans cesse invité à passer de la suspicion à la bienveillance et à porter un regard de confiance pour entrer en relation.

Ce n’est pas forcément si simple….

fraternité

Sur la porte du bureau de l’aumônerie, nous avons affiché ce petit dessin découpé sur une affiche d’ATD, et aujourd’hui, j’ai eu envie de faire un lien avec l’Evangile de ce jour.

Jésus nous guéri de nos infirmités pour que nous soyons en capacité de tendre la main, de créer des ponts, de tisser des liens.

Se laisser habiter par ce regard bienveillant pour être en disponibilité de rencontre.

Sortir de nos vases clos et nous mettre concrètement à bâtir cette fraternité.

Ce n’est pas sans risque d’entrer en relation, d’aller à la rencontre… On peut en sortir changé, transformé, impliqué, responsable…

Dimanche dernier, nous étions invités à prier pour les migrants.

Demain commence la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens…

Autant d’initiatives et de gestes d’accueil auxquels nous sommes appelés et que nous avons à inventer pour nous tenir dans l’ouverture.

« Viens à nouveau sur nos chemins, toi, le Seigneur qui peut guérir.
Dis-nous un mot, tends-nous la main, nos corps blessés vont refleurir ».

Elisabeth, 17 janvier 2018

Transfiguration

Transfiguration

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9, 2-10

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus.
Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici !Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.
Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ».

Je me suis arrêtée sur Pierre, Jacques et Jean et sur ce que je pouvais comprendre et recevoir de la lumière révélée aux trois hommes.

Dieu, Lumière, se révèle à chacun autant qu’il est capable de recevoir cette manifestation. Toute la plénitude de la vie de Dieu, de l’amour de Dieu, jaillit de la personne du Christ.

La Transfiguration est transformation, conversion du regard et de l’être des trois hommes. Et je découvre que cette conversion leur donne de regarder le Christ, de regarder l’homme Christ, comme un corps de lumière. Leurs yeux se dessillent. Ils font l’expérience de l’amour du Père. Ils font l’expérience de l’amour trinitaire. Ils voient Dieu face à face, comme Moïse qui en eut le visage illuminé.

Point de tentes à planter sur ce lieu de ravissement.

Les trois hommes ont à redescendre dans la vie ordinaire, sa violence et ses possibles fraternités. Ils marchent vers passion et résurrection.

Nous vivons fugitivement ce dessillement de nos yeux qui nous donne à voir la lumière de l’amour du Christ. Dans le silence et la prière, dans la vie en Pierre Roulée, dans nos lieux de vie et de rencontres – de partages – de combats – de déserts.

Nous sommes visités, à la mesure de notre ouverture, de notre abandon à la grâce.

Nous avançons pas à pas pour porter témoignage de cette lumière, de la Vie qui n’est pas au tombeau.

Geneviève

Ne nous oubliez pas !

Ne nous oubliez pas !

Ils sont venus en la veille du Mercredi des cendres.

Ensemble. Unis dans l’adversité. Inquiets. En attente d’une parole d’espérance. Désireux de croire que l’avenir ne pourrait ne pas être sombre.

Le Mont des Oliviers, ils connaissent. Le Golgotha, ils le parcourent. Le Christ souffrant, ils y pensent chaque jour.

Mais, demain, est-ce que cela sera encore possible ?

Telle est leur question, car les événements des derniers jours et des dernières semaines leur ont fait comprendre qu’ils seraient peut-être amenés à devoir quitter leur terre : la Palestine.

Membres du Haut-Conseil des paroisses de Palestine, mufti de la Terre Sainte, maire de Ramallah, gouverneur de Terre Sainte, prêtre orthodoxe… Leur diversité n’est plus un frein. Elle est une force. Elle témoigne que ce qui les lie est une terre, une langue, une Histoire, un peuple, une ville : Jérusalem.

Ils sont venus, humblement, les mains nues, avec, pour seule arme, leur foi en l’homme, en la fraternité, en la solidarité, en la justice.

« Ne nous oubliez pas ! Soyez à nos côtés ! Priez pour que, demain, ensemble, nous puissions monter au Saint Sépulcre, dans un pays de Paix ! »

Vincent Feroldi

jerusalem