Auteur : La Pierre Roulée

Transfiguration

Transfiguration

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9, 2-10

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus.
Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici !Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.
Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ».

Je me suis arrêtée sur Pierre, Jacques et Jean et sur ce que je pouvais comprendre et recevoir de la lumière révélée aux trois hommes.

Dieu, Lumière, se révèle à chacun autant qu’il est capable de recevoir cette manifestation. Toute la plénitude de la vie de Dieu, de l’amour de Dieu, jaillit de la personne du Christ.

La Transfiguration est transformation, conversion du regard et de l’être des trois hommes. Et je découvre que cette conversion leur donne de regarder le Christ, de regarder l’homme Christ, comme un corps de lumière. Leurs yeux se dessillent. Ils font l’expérience de l’amour du Père. Ils font l’expérience de l’amour trinitaire. Ils voient Dieu face à face, comme Moïse qui en eut le visage illuminé.

Point de tentes à planter sur ce lieu de ravissement.

Les trois hommes ont à redescendre dans la vie ordinaire, sa violence et ses possibles fraternités. Ils marchent vers passion et résurrection.

Nous vivons fugitivement ce dessillement de nos yeux qui nous donne à voir la lumière de l’amour du Christ. Dans le silence et la prière, dans la vie en Pierre Roulée, dans nos lieux de vie et de rencontres – de partages – de combats – de déserts.

Nous sommes visités, à la mesure de notre ouverture, de notre abandon à la grâce.

Nous avançons pas à pas pour porter témoignage de cette lumière, de la Vie qui n’est pas au tombeau.

Geneviève

Ne nous oubliez pas !

Ne nous oubliez pas !

Ils sont venus en la veille du Mercredi des cendres.

Ensemble. Unis dans l’adversité. Inquiets. En attente d’une parole d’espérance. Désireux de croire que l’avenir ne pourrait ne pas être sombre.

Le Mont des Oliviers, ils connaissent. Le Golgotha, ils le parcourent. Le Christ souffrant, ils y pensent chaque jour.

Mais, demain, est-ce que cela sera encore possible ?

Telle est leur question, car les événements des derniers jours et des dernières semaines leur ont fait comprendre qu’ils seraient peut-être amenés à devoir quitter leur terre : la Palestine.

Membres du Haut-Conseil des paroisses de Palestine, mufti de la Terre Sainte, maire de Ramallah, gouverneur de Terre Sainte, prêtre orthodoxe… Leur diversité n’est plus un frein. Elle est une force. Elle témoigne que ce qui les lie est une terre, une langue, une Histoire, un peuple, une ville : Jérusalem.

Ils sont venus, humblement, les mains nues, avec, pour seule arme, leur foi en l’homme, en la fraternité, en la solidarité, en la justice.

« Ne nous oubliez pas ! Soyez à nos côtés ! Priez pour que, demain, ensemble, nous puissions monter au Saint Sépulcre, dans un pays de Paix ! »

Vincent Feroldi

jerusalem

Soyons les humbles pèlerins de la Vérité

Soyons les humbles pèlerins de la Vérité

Rien ne me poussait à aller en Albanie si ce n’est un séminaire européen organisé par le Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe.

Je ne savais même pas trop où se situait ce pays d’Europe du Sud, dans l’Ouest de la péninsule balkanique, partageant des frontières communes avec le Monténégro, au nord, le Kosovo, au nord-est, la Macédoine, à l’est, et la Grèce, au sud.

En me renseignant, je découvrais qu’avec ses 3 millions d’habitants pour 28.748 km², l’Albanie à majorité musulmane et avec des communautés catholique et orthodoxes conséquentes était devenue un terrain à conquérir par des groupes religieux nouveaux : Églises évangéliques, Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, Témoins de Jéhovah et quelques mouvances musulmanes comme les salafistes.

Il suffira cependant de quelques jours passés à Shkodër, Krujë et Tirana, pour aimer ce peuple albanais qui, de siècle en siècle, eut à se défendre des invasions ou des occupations ou des oppressions. Il est vrai que cette terre qui a connu autant la coexistence pacifique que les persécutions montre au quotidien que, pour éviter les préjugés, la connaissance de l’autre est fondamentale. Si cette nation est parvenue à ce climat de dialogue et d’acceptation, n’est-ce pas parce qu’elle a mis en application ce que Jean-Paul II déclarait, à savoir que « la foi sincère ne sépare pas les hommes, mais les unit, même dans leurs différenciations » ?

En ce mois de février 2018, j’en conviens, mon cœur vibra aux témoignages de Mgr Angelo Massafra, évêque de Shkodër (Albanie), de Mgr Claude Rault, évêque émérite de Laghouat – Ghardaïa (Algérie), de Mgr Brendan Leahy, évêque de Limerick (Irlande), et de Haxhi Baba Edmond Brahmaj Kryegiyshi, chef spirituel des Bektashi (Albanie).

Chacun, à sa manière, se faisait en effet le relais d’une invitation : être humble pèlerin de la Vérité que les uns et les autres cherchent ensemble.

Il s’agit en effet de ne pas diviser les croyants mais, au contraire, de leur indiquer le chemin qui rapproche de la Vérité.

Cela suppose, au préalable, d’être pleinement homme, créé à l’image Dieu, enraciné dans sa culture et porteur de valeurs humanistes que tous peuvent partager en ce deuxième millénaire.

Chacun peut ensuite jouer de sa partition dans la symphonie interreligieuse que les croyants souhaitent jouer en commun, unissant leurs énergies spirituelles pour construire un monde plus juste.

Par-delà les différences, voire les divergences, pourquoi en effet ne pas risquer une solidarité dans la prière simple qui jaillit du cœur, ouvrir des passerelles spirituelles entre nous, faire alliance entre dialogue et intériorité, ce sanctuaire commun invisible aux priants ?

N’avons-nous pas à vivre une vocation de facilitateur du dialogue dans les lieux où nous travaillons, être prophète d’espérance dans l’enrichissement mutuel de nos spiritualités qui nous tournent vers le même point cardinal qu’est Dieu l’Unique, Amour parfait ?

Soyons-en convaincu : la diversité des chemins n’est ni un obstacle, ni une contrainte, ni un enfer. Elle est vie, source d’entraide mutuelle et de partenariat spirituel pour entrer encore plus dans les mystères de Dieu et de l’Homme !

Vincent Feroldi

Toute puissance et fragilité

Toute puissance et fragilité

Chaque jour, je peux me rendre dans l’espace et contempler la terre ou l’univers. Par mon compte Twitter, j’entre en relation avec l’ISS (navette spatiale internationale) et grâce, hier, à Thomas, et, aujourd’hui, à Kanai, astronaute japonais, je profite de somptueuses photographies de contrées connues ou inconnues et de phénomènes météorologiques exceptionnels.

Dans le cadre de mon travail quotidien, je n’ai plus de raison de m’affoler. Quand un thème nouveau s’offre à moi ou qu’une question épineuse m’est posée, je saisis mon I phone ou allume mon ordinateur et, grâce à une recherche sur Google, je trouve de pertinents éléments de réponse pour éclairer mon propos.

Au volant de ma voiture, il m’arrive fréquemment de devoir me rendre en des lieux inconnus par des itinéraires méconnus. Là aussi, rien de plus simple, aujourd’hui. Ne suffit-il pas d’allumer son GPS et de se laisser guider par une voix mélodieuse qui prend soin de vous avec attention et ne vous reproche pas violemment une erreur de conduite. Avec délicatesse, elle vous propose de ralentir et de faire demi-tour avec prudence.

Une décision urgente à prendre avec un ami, malheureusement bien loin de vous ? Grâce à la nouvelle application téléphonique téléchargée gratuitement, après avoir composé son numéro de téléphone, votre ami vous apparait, sur votre écran, au volant de sa voiture, bloquée en plein embouteillages dans une ville du Moyen-Orient. Une réunion de travail improvisée se met alors en place et, du partage de nos réflexions respectives, jaillit la décision.

Soudain le téléphone d’astreinte de l’hôpital retentit… Une infirmière dans un service de soins palliatifs m’informe qu’un patient en fin de vie et dont le pronostic vital est engagé souhaiterait la visite d’un prêtre. Il y a urgence : la mort n’attend pas. Ne pouvant personnellement m’y rendre, je me connecte sur le planning en ligne de l’équipe d’aumônerie pour voir qui est en capacité de se déplacer immédiatement dans l’établissement hospitalier. Aussitôt vu, aussitôt fait : envoi d’un texto, coup de téléphone, contact établi, renseignements donnés, le patient est peu de temps après accompagné et apaisé…
Je pourrai encore continuer à partager de nombreuses expériences du quotidien qui montre combien, aujourd’hui, en 2018, sciences et techniques ont radicalement transformé la vie des humains. Pour le meilleur et pour le pire, diront certains. Certes ! Mais il est indéniable qu’il y a beaucoup d’heureuses innovations et que nos vies en sont grandement facilitées. Ne faut-il pas s’en réjouir ?

Il en résulte bien naturellement pour l’homme un sentiment de toute puissance. Il est capable de relever dans tous les domaines de nombreux défis pour peu qu’on lui laisse le temps de les résoudre. Voilà pourquoi il se découvre en capacité d’être dieu et donc de se passer de ce Dieu dont bien des croyants de traditions religieuses diverses lui parlent.
Pourtant, dans le même temps, il ne peut que constater la fragilité humaine, sa propre fragilité.

En l’espace de quelques minutes, ce jeune à qui un bel avenir était promis se retrouve dans l’habit de l’assassin qui a tué père et mère. Il va devoir dorénavant porter jusqu’à la fin des temps le poids de sa culpabilité et chercher désespérément à se reconstruire, tout en espérant que sa famille ne le rejettera pas pour l’éternité.

Le diagnostic vient de tomber. Rechute du cancer. Les métastases se sont développées dans différentes parties du corps. Sans perdre de temps, il faut livrer bataille à la maladie. Chimio, trithérapie, examens nombreux, hygiène de vie sévère… Le compte-à-rebours est lancé. La mort acceptera-t-elle de s’éloigner ?

Merveilleuse journée. Le soleil est au rendez-vous, le ciel d’un bleu azur. Valises et sacs ont été préparés depuis plusieurs jours. La gare accueille la foule des grands jours. Le quai du train pour la destination rêvée est affiché. Le TGV est flambant neuf. Rires et interpellations fusent. Joie et bonheur se lisent sur tous les visages. Pourtant, à l’heure dite, les portes automatiques ne se ferment pas. Les minutes passent. Une annonce jaillit des haut-parleurs : « Panne de signalisation sur la ligne. Les trains ne pourront circuler ce matin ».

La célébration de mariage avait été une réussite. Dix ans après, tout le monde s’en souvenait. Depuis, le jeune couple avait eu la joie d’accueillir au sein du foyer deux enfants. Les vies professionnelles des parents se déroulaient de belle manière. Pourtant, un soir, la grand-mère du papa reçut un inquiétant message. Son petit-fils voulait la voir. Peu de temps après, celle-ci découvrait l’impensable. Il divorçait.

Je pourrai encore continuer à partager de nombreuses expériences du quotidien qui montre combien, aujourd’hui, en 2018, notre vie est fragilité, malgré toutes nos précautions, engagements, volontés et sécurités enclenchées.

L’être humain est être de vie, de chair, de transcendance, de pensées, d’émotions, d’élévations…

Ne sera-t-il pas d’autant plus grand que l’humilité, la patience, l’écoute, la contemplation, l’émerveillement, l’attente, le rêve, habiteront son cœur ?

Si, en plus, il se reconnaît issu de l’Amour de Dieu qui lui a fait le don de la Vie, il vivra d’une relation unique, celle existant entre le Créateur et l’être créé.

Vincent Feroldi
13 janvier 2018

Reste avec moi !

Reste avec moi !

En attendant Godot !

Estragon et Vladimir attendent Godot quelque part au milieu de nulle part, hésitant entre se pendre, partir, ou se séparer… Estragon s’en va, l’espace d’une nuit, et revient. Voici l’échange qu’ils ont à son retour :

Vladimir : Encore toi ! Viens que je t’embrasse !
Estragon : Ne me touche pas !
Vladimir : Veux-tu que je m’en aille, Gogo ! On t’a battu ? Où as-tu passé la nuit ?
Estragon : Ne me touche pas ! Ne me demande rien ! Ne me dis rien ! Reste avec moi !
Vladimir : Est-ce que je t’ai jamais quitté ?
Estragon : Tu m’as laissé partir.

RESTE AVEC MOI !

Ce « reste avec moi » me touche. Il m’évoque la demande plaintive des enfants ou des grands vieillards à qui l’approche de la nuit fait peur. « Angoisse crépusculaire »…

Besoin d’accrocher une main, besoin d’une présence, besoin d’allumer la petite veilleuse qui éloignera les monstres tapis sous le lit …

Quelques paroles de réassurance, une caresse, mais surtout, être là.

« Reste avec nous car le soir tombe »,  demandent les disciples d’Emmaüs à Jésus. Soif de cette présence qui relève, réchauffe, illumine doucement la nuit de la désespérance, du doute, de l’absence et ce sentiment d’abandon si douloureux, incompréhensible.

Et il le reconnurent à la fraction du pain. Lieu même d’une présence qui nous échappe pour s’offrir, à travers nous et bien au-delà.

Au cœur de nos obscurités, tu viens rouler la pierre.

TU M’AS LAISSE PARTIR

Les retrouvailles de Vladimir et Estragon pourraient être une autre version de celles du père prodigue et de son plus jeune fils.

« Est-ce que je t’ai jamais quitté ? » dirait le père. Tu m’as laissé partir… Réponse en forme de constat ? Reproche ? Amertume  Incompréhension ? J’entends plutôt un désarroi aussi profond que l’Amour .

Béni sois-tu Seigneur de nous laisser partir, non sans douleur ni inquiétude peut-être, mais jamais par désintérêt, par indifférence ou par désinvolture .

Tu nous laisses partir par amour, pour faire l’apprentissage de notre liberté, perdre des illusions, nous ouvrir à l’horizon de la vérité, devenir un peu plus qui nous sommes – à ton image et à ta ressemblance !

La vengeance de Dieu -dit-on- , c’est le pardon .
Absence de reproches. Bras ouverts. Baiser de paix .
Regard de Jésus posé sur Pierre qui l’a renié.
Confiance habitée.

Béni sois-tu Seigneur, pour la joie des retrouvailles ! Donne-nous de nous laisser accueillir et fêter en toute humilité, en toute humanité ! Que cette joie illumine le quotidien de nos rencontres ! Qu’elle nous donne l’audace d’ouvrir des chemins de vie…

CdL

Vendredi automnal

Vendredi automnal

Sur la table de chevet de la chambre d’hôpital,
cinq verres de dégustation entouraient la bouteille de vin cuit de dix ans d’âge.
Toute sa vie s’était passée entre vignes et chais.
A l’heure où sa respiration devenait de plus en plus faible,
l’urgence était à l’évocation des bons souvenirs.
Le fils ainé humecta les lèvres asséchées de son père
et un timide sourire illumina le visage du souffrant.
Peu après, à l’invitation de l’une de ses filles, arriva l’aumônier.
signe de la tendresse du Dieu envers ses enfants bien-aimés.
Prière et sacrement de la fin de vie furent partagés.
Des lèvres d’une parente surgit la prière d’abandon de Frère Charles.

« Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
avec tout l’amour de mon cœur,
parce que je t’aime,
et que ce m’est un besoin d’amour
de me donner,
de me remettre entre tes mains, sans mesure,
avec une infinie confiance,
car tu es mon Père ».

Un frémissement de vie transfigura le corps du mourant.
Des larmes furtives apparurent sur les visages des uns et des autres.
La bénédiction du Tout Amour enveloppa de sa Douceur la petite assemblée d’Eglise.
C’était un vendredi de grâce.

Dans la mosquée al-Rawda, dans le village de Bir al-Abd,
à l’ouest d’al-Arich dans le Nord-Sinaï,
hommes d’âge mûr, jeunes et enfants s’étaient rassemblés comme à l’habitude,
pour la grande prière du vendredi.
Adorer le Dieu de Toute Miséricorde.
Ecouter le prêche de l’imam.
S’en remettre à Allah.
Telle était leur pratique.
Soudain, s’amplifièrent des bruits de moteur et fusèrent des cris et interpellations.
Plus d’une vingtaine d’hommes, en tenue de combat et armes à la main,
surgirent dans l’enceinte sacrée et firent feu sur les fidèles en prière.
La panique enveloppa la communauté croyante.
La terreur se vit sur les visages.
Les balles sifflèrent et atteignirent les âmes innocentes.
Trois cents cinq corps dont ceux de vingt-sept enfants et cent vingt huit blessés furent dénombrés.
Les pleurs s’élevèrent dans tout le village et se poursuivirent toute la nuit.
C’était un vendredi de mort.

Vincent Feroldi
Rends-nous solidaires dans la vérité !

Rends-nous solidaires dans la vérité !

Notre Dieu, nous sommes en solidarité avec ceux qui vivent dans le danger et dans le combat. De loin ou de près, nous partageons leur détresse et leur espoir. Apprends-nous à étendre nos vies au-delà de nous-mêmes et à étirer notre cœur jusqu’aux frontières où les hommes souffrent et transforment le monde. Que la solidarité soit ainsi un nom nouveau, un nom actuel pour cette fraternité à laquelle Tu nous appelles sans cesse.

Mais, ô Dieu, rends-nous solidaires dans la vérité et non pas dans le mensonge des tactiques. Car Tu nous veux solidaires, mais non partisans, Toi qui as pris parti pour nous, sans jamais nous mentir sur nous-mêmes. Délivre-nous de toute solidarité qui nous plongerait dans la paille des mots, sans le grain des choses. Car Tu nous veux solidaires, Toi qui es toujours parole unie à la vie, parole en acte, fût-ce dans le silence.

Mais, ô Dieu, rends-nous solidaires dans l’espérance et non pas dans la dramatique des catastrophes. Car Tu nous veux solidaires, mais non prophètes de malheur, Toi qui as toujours voulu pour les hommes la justice et la liberté, la joie et la paix.

Mais, ô Dieu, rends-nous solidaires en humilité, car nous ne sommes pas capables de porter la terre entière. Délivre-nous de l’accablement qui n’aide personne et de la pitié qui empoisonne tout. Car Tu nous veux solidaires de celui dont nous devenons vraiment le prochain.

Ô Dieu, purifie nos solidarités.

Rends-les vraies, fécondes, ardentes et humbles !

Être doux avec les choses et les Êtres…

Être doux avec les choses et les Êtres…

Anne Dufourmantelle est morte à 53 ans en juillet 2017, en portant secours à un enfant sur une plage près de Ramatuelle.

Une amie me parla d’elle, et de deux de ses ouvrages : Eloge du risque et Puissance de la douceur. Elle était philosophe et psychanalyste.

Je suis attachée à la lecture de Puissance de la douceur, à la découverte d’une écriture qui met des mots et trace la pensée de ce qui me parcourt. Son texte allie sensibilité et rigueur de la pensée, lucidité et poésie.

Il m’est apparu indiscutable de vous adresser des morceaux choisis :

«Être doux avec les choses et les Êtres, c’est les comprendre dans leur insuffisance, leur précarité, leur immanence, leur bêtise. C’est ne pas vouloir rajouter à la souffrance, à l’exclusion, à la cruauté, et inventer l’espace d’une humanité sensible, d’un rapport à l’autre qui accepte sa faiblesse, et ce qui pourra décevoir en soi. Et cette compréhension profonde engage une vérité ».

Je serai heureuse de reprendre avec vous l’une ou l’autre des réflexions suscitées par cette lecture que vous avez peut être déjà faite…

Geneviève

De génération en génération

De génération en génération

Septembre 2017, Saint-Sorlin-en-Bugey.

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Une foule nombreuse se presse en la petite église construite à flanc de coteau. Certains ont franchi les océans pour être là. D’autres sont venus en voisin. Des poussettes avancent tant bien que mal sur le gravier parsemé devant le majestueux portail de l’édifice. Les rires des enfants fusent. La joie et le bonheur rayonnent… Chacun a revêtu ses plus beaux habits car de mariage il s’agit. Marion et Matthieu vont s’unir par le sacrement du mariage.

A quelques dizaines de kilomètres de là, dans un grand parc où trône un majestueux cèdre, d’autres familles se retrouvent autour d’Emilie et de Max désireux de partager leur projet de vie à leurs proches et amis. Un doux soleil d’automne illumine les visages rayonnants des époux. C’est jour de fête et d’allégresse.

marie    jo

Dans l’un et l’autre lieu, cheveux blancs et mèches enfantines se côtoient. Plusieurs générations sont rassemblées pour être témoin de ce qu’il y a de plus beau dans la vie humaine : la célébration de l’amour, de cet amour qui unit les cœurs et porte du fruit. A l’image de Marie et de Joseph et de l’Enfant Jésus qui veillent sur l’assemblée réunie à Saint-Sorlin-en-Bugey.

Aimer.

Aimer sans relâche.

Aimer au cœur de l’adversité et des tempêtes.

Souvenons-nous ! La vie humaine est relation ou elle n’est pas. Elle est ouverture à l’autre et aux autres. Elle est écoute et partage. Elle est don et accueil. Elle est ombre et lumière car nous sommes homme et non dieu.

Aimer qui peut rimer avec Dieu car, à cause de l’évangéliste Jean qui l’a mis au cœur de son Evangile, un mot est synonyme de Dieu, à savoir le mot AMOUR. 

Multiples sont les chemins parcourus par nos contemporains pour aimer et aller à la rencontre du sens de la vie et, pour beaucoup, de Dieu : judaïsme, christianisme, islam, bouddhisme, shintoïsme, hindouisme et aussi philosophie, quête spirituelle…vo

Tous ces chemins témoignent de la diversité des cultures. Aucune spiritualité ne peut se prévaloir de tout dire du mystère de l’Amour et du mystère de Dieu. Chacun peut enrichir l’autre en le menant plus loin qu’il ne pensait aller.

Les générations se succèdent. Mais chacun lègue une étincelle de lumière qui va éclairer la route des amoureux en partance sur les routes du monde et de la vie.

Vincent Feroldi

 

Pardonne nos indifférences

Pardonne nos indifférences

Le cœur bon est celui qui accueille la Parole de Dieu pour la mettre en pratique, nous dit Luc en 6, 43-49

C’est avec des lenteurs, des pas, des pauses, des reculs
que nous nous mettons à l’écoute de cette Parole,
pour l’intégrer à notre histoire, à notre vie, pour convertir notre cœur.

Seigneur, regarde avec bonté nos épaisseurs, nos peurs, nos fermetures.
Seigneur, donne nous force et sagesse
pour creuser profond ;
force et sagesse pour vivre aujourd’hui de ta Parole
avec nos sœurs et nos frères.

Les épreuves au fil de nos vies ébranlent notre confiance,
découragent l’élan de notre amour, obscurcissent notre cœur.
La Parole de Dieu est comme une lumière sur nos vies
pour fortifier notre désir
de reconnaître sa présence mystérieuse, unique et solide fondation.

Seigneur, vois nos effondrements, nos doutes, nos détresses.
Viens dans nos ténèbres.

Et si nous comparions notre vie à celle d’un arbre;
le fruit de l’arbre demande temps et soins attentifs pour arriver à maturité.
Devenir disciple du Christ,
arriver à maturité d’amour,
à maturité de femme et d’homme disciple,
est un long chemin ensemble,
aux multiples détours, au risque des tempêtes et des déracinements.

Seigneur de miséricorde, regarde nos vies, regarde nos cœurs.
Pardonne nos indifférences, pardonne nos éloignements.